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28/06

Aux Iles Philippines les premières victimes de la guerre contre la terreur sont des civils

Fin mai, le président Duterte a instauré la loi martiale sur l’île de Mindanano, à l'extrême sud des Philippines. Pour examiner les conséquences de cette stratégie anti-terroriste sur des simples citoyens, nos organisations partenaires ont participé à une mission humanitaire à Marawi City.

Une femme réfugiée a réellement été confrontée à la parole d’un soldat lui disant : « Si tu es sage, nous le serons aussi, mais si tu ripostes alors nous te violerons ».

Suite à une confrontation violente entre les forces armées et le groupe Maute, une organisation terroriste affiliée à l’Etat Islamique à Marawi City, Rodrigo Duterte a proclamé la loi martiale. L'inquiétude a rapidement gagné nos partenaires (lien article Lars) car cette loi pourrait être utilisée pour faire taire les opposants. GABRIELA, une organisation féminine et KARAPATAN, une organisation de défense des droits de l’homme, ont visité la région touchée et ont cherché des témoignages.

Les citoyens craignent pour leur vie

Depuis l’instauration de la loi martiale, 325.294 personnes ont fui Mindanao. La plupart ont trouvé refuge dans des centres d’évacuation avoisinants.

Dans sa stratégie, l’armée se concentre surtout sur des bombardements aériens aveugles, même s’il n’y a pas de preuves que cette approche soit efficace pour refouler des groupes terroristes. Ces attaques touchent surtout les simples citoyens de la région. Leurs fermes sont détruites, ils sont ainsi privés de leurs moyens de subsistance et vivent constamment dans la crainte pour leur vie.

Selon notre partenaire KARAPATAN, 9 citoyens ont déjà trouvé la mort par les bombardements et actions militaires anti-terroriste. Les droits de l’homme sont aussi bafoués par des évacuations de force, des destructions, des menaces, des harcèlements et des intimidations.

La mission humanitaire a pu procurer des soins médicaux, des soutiens psycho-sociaux et des produits d’urgence à plus de 1000 familles. Malheureusement, la mission a été stoppée par l’armée et n’a pu entrer dans Marawi City. Les fournitures et services ont pu être distribués par un centre d’accueil provincial.

Pendant leur mission, les travailleurs humanitaires ont remarqué que les infections respiratoires, les affections cutanées, la tuberculose, l’hypertension et les pneumonies, présentes avant l’évacuation, s’aggravent davantage en situation de crise continue.

Le stress post-traumatique chez les femmes et enfants

Les travailleurs humanitaires s’inquiètent surtout pour la santé mentale des femmes et enfants en fuite. Les enfants montrent des signes évidents d’angoisse et de stress en voyant des hommes lourdement armés. Ils ont vu des hélicoptères au-dessus de leurs maisons qui bombardaient leur communauté. La blague déplacée du président Duterte qui affirmait que des soldats pouvaient violer jusqu’à trois femmes avec sa permission, a effrayé les femmes qui devaient s’enfuir vers des centres d’évacuation. Une femme réfugiée a réellement été confrontée à la parole d’un soldat lui disant : « Si tu es sage, nous le serons aussi, mais si tu ripostes alors nous te violerons ».

Les conclusions de nos partenaires sont claires, ils appellent le gouvernement à mettre immédiatement fin à la loi martiale, aux bombardements aériens et de refréner la militarisation.

Pour plus de renseignements sur cette mission humanitaire, voir le blog anglophone de notre collaborateur locale Andrew Aytin 

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