01/07/13

Cuba : la parole aux bénévoles - Syra

Qu'est ce qui peut bien motiver les gens à s'impliquer bénévolement dans un projet communautaire? Pour le savoir, M3M est parti à la rencontre de quelques bénévoles de la casa comunitaria de La Havane. Cette fois-ci, c'est au tour de Syra de nous livrer son témoignage...
C'est grâce à eux si je suis toujours en vie et tout ce que je souhaite est de pouvoir continuer à travailler pour ma communauté.

Le commencement de ma vie active a coïncidé avec les débuts de la Révolution. J'étais dirigeante de la Fédération des Femmes Cubaines et j'ai toujours travaillé aux côtés de personnalités telles que Vilma Espín de Castro (femme de Raul Castro). Ce furent des années de travail dur, auquel j'ai consacré toute ma jeunesse et les meilleures années de ma vie.

En arrivant à la soixantaine, des problèmes de santé m'ont contrainte à prendre ma retraite. Ce fut très dur pour moi de devoir rester à la maison, malade et seule. J'ai tellement aimé et me suis tellement consacrée à cette révolution que je n'ai pas laissé d'espace dans ma vie pour fonder une famille, et à ce moment-là j'ai commencé à le regretter. Je me sentais très déprimée et je ne voyais plus de sens à ma vie.

 

Le 31 décembre, il y a 6 ans, la Casa Comunitaria réalisait une activité pour toute la communauté, et c'est là que j'ai appris à connaître le projet qu'ils développaient. J'ai beaucoup discuté avec le Dr Mayda et elle m'a motivée à m'inscrive à l'Université pour les personnes âgées que la Casa Comunitaria venait de mettre sur pied. En acceptant, une nouvelle étape de ma vie a commencé. Dans cet endroit si simple de la Casa Comunitaria, j'ai appris à travailler sur un ordinateur, j'ai participé à des cours de cuisine, de communication, d'éducation en santé, etc. Tous les jours, je réalisais quelques tâches grâce auxquelles je me sentais très utile. J'avais gagné une famille, un espace et même un travail! C'était vraiment merveilleux!

 

Ensuite, j'ai commencé à participer comme leader communautaire dans les ateliers PEPI, que je considère comme étant un échelon supérieur de travail communautaire. Au début, je n'osais pas trop m'exprimer. Mais peu à peu, comme dans une vraie famille, j'ai commencé à parler et à défendre ce que j'estimais juste!

6 ans se sont déjà écoulés depuis le premier atelier PEPI et je continue à m'impliquer à 100% dans toutes les activités organisées.

 

Il y a 1 an, on m'a diagnostiqué un cancer du sein. Ma première réaction fut de refuser tout traitement médical. Un jour, le Dr Mayda est venue me parler et on m'a emmenée à l'hôpital. Les personnes impliquées dans le projet ont mobilisé des gens pour m'aider. Moi qui n'avait pas de famille naturelle, je n'ai jamais été seule au cours des 6 mois qu'a duré ma chimiothérapie. Même le transport pour m'ammener et me rammener de l'hôpital était organisé par la Casa Comunitaria.

 

C'est grâce à eux si je suis toujours en vie et tout ce que je souhaite est de pouvoir continuer à travailler pour ma communauté. Ce projet a apporté de la couleur de ma vie. Tous les matins, je me lève avec un plan, car il y a toujours des choses à faire pour le bien de ma communauté et de mes voisins.

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