22/12/10

Passera, passera pas, passera, passera pas,…

L'accès aux soins de santé pour les Palestiniens, une question de pot?

Six. A Jérusalem-Est, c’est le nombre d’hôpitaux spécialisés mis à disposition des Palestiniens de Cisjordanie en cas de « coup dur » telle une opération, une prise en charge en oncologie, … Ces 6 hôpitaux sont cruciaux pour la santé des 4.043.218 Palestiniens de Cisjordanie qui ne disposent ailleurs dans les territoires que d’un accès à des soins de santé primaire et secondaire.

 

Mais voilà… Le tout n’est pas d’avoir des hôpitaux, encore faut il… y accéder.

 

Selon le « Rapport du secrétariat » de l’Organisation Mondial de la Santé (1), plus de 310 patients tentent chaque jour de passer les postes de contrôle qui entourent Jérusalem afin d’atteindre les hôpitaux de la ville. Et, non content de ralentir ou restreindre totalement l’accès des patients aux centres de soins tertiaires, l’armée israélienne a émis de nouvelles directives spécifiques s’appliquant à la mobilité, cette fois, du personnel soignant.

En effet, depuis le 2 novembre 2008, les centaines de membres du personnel médical palestiniens ne peuvent plus passer que par un seul checkpoint pour accéder à Jérusalem (2) : Qalandiya, le plus fréquenté de Cisjordanie. Ainsi, quel que soit leur endroit de départ et les détours obligatoires, cette nouvelle réglementation les oblige à traverser de nombreux autres checkpoints pour parvenir à Qalandiya et ses files interminables. Le fait qu’ils soient munis d’un permis les autorisant à se déplacer pour se rendre sur leurs lieux de travail ne change évidemment rien à la chose. Toujours selon l’OMS, depuis la rentrée en vigueur de ces directives, on comptabilise entre 1h30 et 2h de retard quotidien pour ces employés et leurs hôpitaux qui en subissent directement les conséquences au niveau logistique et organisationnel.

Six. A Jérusalem-Est, c’est le nombre d’hôpitaux spécialisés (soins de santé tertiaires) mis à disposition des Palestiniens de Cisjordanie en cas de « coup dur ».

Pour y accéder, patients et soignants devront se munir d’un permis, d’une dose de patience et de résilience, du gasoil nécessaire aux kilomètres et à l’attente, d’une boîte de xanax en cas d’anxiété face aux militaires et leur arrogance. Nous conseillons également aux patients de ne pas être trop malade et aux soignants de ne pas avoir trop de patients à soigner… sait-on jamais, vous risquez en effet de ne pas passer ! Enfin, si vous disposez d’une bonne étoile, n’hésitez pas à l’emmener avec vous, on ne sait JAMAIS ce qui peut arriver, ou ne pas arriver, ou arriver trop tard, ou plus tôt que prévu, ou…

Vous avez du mal à vous imaginer ce que cela donne « en vrai »?

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