27/06/12

Un puits pour les habitants de Kigoma, Congo

M3M a soutenu les comités de santé d'Etoile Du Sud à installer un puits d'eau. Parce que l'eau, c'est la vie!
Nous avons besoin d'eau! Nous passons des heures à remplir des seaux et des jerrycans!

Lorsque je me suis rendu pour la première fois dans les quartiers populaires de Lubumbashi, un groupe de femmes m'a d'emblée interpellé : "Nous avons besoin d'eau ! Nous passons des heures à remplir des seaux et des jerrycans !" Les enfants sont en effet sur la route route 2 à 3 heures chaque jour pour aller chercher de l'eau.

L'eau est vitale pour chacun d'entre nous mais trois quarts de la population congolaise n'a pas accès à de l'eau potable. Le Congo est pourtant riche en ressources hydrauliques, avec la moitié des réserves en eau de tout le continent africain. Le problème est qu'il n'y a pas beaucoup de canalisations... à part pour les mines, qui consomment énormément d'eau.

Une famille congolaise pauvre dispose d'à peine 20 à 40 litres d'eau par jour. Imaginez un instant n'avoir pas plus de 4 seaux d'eau pour faire toutes vos tâches ménagères – cuisiner, laver les enfants, faire la vaisselle,... ! Pour comparer, nous consommons en Belgique 120 litres d'eau par jour et par personne.

Mi-mars 2012, un puits a été installé à Kigoma, un quartier populaire à la lisière de Lubumbashi. Les 2.000 habitants sont particulièrement contents de "leur" puits, qui leur facilite grandement la vie. Ce puits est une initiative du comité de santé de la région, une organisation populaire membre d'Étoile du Sud, notre partenaire.

Forer et installer le puits s'est révélé une opération coûteuse (environ 15.000 euros). Les jeunes du quartier rêvent à présent de faire bénéficier les quartiers voisins de cette eau. Pour cela, ils ont besoin de charrettes (115 euros/pièce) et de jerrycans (6 euros/pièce), pour livrer leur "marchandise".L'entretien du puits n'est pas bon marché non plus. Le coût pour les filtres et pour les réparations s'élève ainsi à 375 euros par an. Une énorme somme d'argent pour des personnes qui ne disposent que d'un revenu de quelques euros par jour.

Le comité de santé de Kigoma aimerait également impliquer toute la communauté autour du thème de l'eau, avec différents groupes : des groupes d'hommes pour l'entretien, de femmes pour la sensibilisation et d'enfants pour organiser des animations.

A terme, le comité souhaite aussi construire des toilettes plus fonctionnelles avec l'aide des habitants. Ils veulent également améliorer le système d'évacuation des eaux usées dans le quartier car les égouts se bouchent souvent, ce qui entraîne de nombreux problèmes en cas de fortes pluies. Il y a donc encore pas mal de travail qui attend les bénévoles. Mais cela va dans la bonne direction.

Lisez aussi le blog de Usahidizi.

* Ce puits est realisé entre autre avec le soutien de "Vlaamse Overheid in het kader van het Vlaams Partnerschap water voor Ontwikkeling".
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