08/12/16

Action: Stop The Killings

Les pensions, un environnement de travail sûr, des soins de santé accessibles, le congé de maternité, bref: la Protection Sociale. Dans de nombreux pays du Sud, elle est loin d'être une évidence. Les activistes et organisations sociales qui se battent pour mettre en place un système inclusif de Protection Sociale sont souvent victimes de répression. Afin de mettre en lumière leur lutte, la plate-forme de campagne Stop The Killings organise cette année, en collaboration avec la campagne Protection Sociale, une action le 8 décembre. Rendez-vous à 18h à la Gare de Bruxelles-Central!

Des activistes menacés

En ColombieEveriel Antonio Loaiza Barrera lutte au sein de la société pharmaceutique Corpaul pour de bonnes conditions de travail. En sa qualité de délégué syndical pour Sintracorpaul, il milite pour la santé de ses collègues sur leur lieu de travail : la manipulation de produits chimiques exige une protection, une formation et des explications suffisantes. Il assiste également ses collègues en cas de conflit avec l'employeur, que ce soit par la voie du dialogue ou la voie juridique. Néanmoins, il est perçu par l'entreprise comme un fauteur de trouble. Elle l'accuse à tort de commettre des fautes sur son lieu de travail, essaie de le faire renvoyer et lui rend ainsi la vie dure.

Aux Philippines, Rosalie Calago & Endric Calago étaient tous deux actifs dans des organisations sociales sur l'île de Negros. Rosalie était une professionnelle de santé dans les communautés locales affiliée au Council for Health and Development et militait pour des soins de santé accessibles dans sa région. Endric était vice-président d'un syndicat agricole local et militait pour des ressources minimales pour les ouvriers agricoles qui travaillent dans des conditions précaires pour de grands propriétaires terriens. Le 25 mai 2015, ils ont tous deux été abattus à leur domicile, domicile auquel a été ensuite bouté le feu. Rosalie avait 45 ans, Endric 47. Ils laissent derrière eux une fille de 16 ans. 

Au Guatemala, le Comité de Unidad Campesina (CUC) lutte pour les droits des ouvriers agricoles. Leur coordinateur, Daniel Pascual, soutient ainsi de nombreux paysans, comme par exemple les ouvriers de Finca San Gregorio. Pendant 30 ans, des contributions sociales ont été retenues sur leur salaire sans jamais être transférées par les propriétaires de l'entreprise. Lorsque les ouvriers et ouvrières ont envisagé de prendre leur pension, entre 70 et 95 ans, ils se sont aperçus que leurs quotes-parts n'avaient pas été transférées et qu'ils ne pouvaient dès lors plus compter sur le programme d'invalidité, vieillesse et survie. A cause de son engagement, Daniel Pascual a été accusé de terrorisme et vit sous une menace permanente. 

Action !

Le 8 décembre, nous allons manifester pour attirer l'attention sur ces cas spécifiques où les droits d'activistes ont été violés et pour militer pour le droit à une protection sociale pour tous. Nous nous donnons rendez-vous à 18h à la Gare de Bruxelles-Central et démarrerons de là pour rejoindre, tout en manifestant, le Ministère des Affaires étrangères Rue des Carmélites. Ensuite, nous nous retrouverons autour d'un en-cas et d'un verre au Mundo-B (Rue d'Edimbourg 34, 1040 Bruxelles).

Nous invitons également à apporter votre contribution aux dossiers. Pour chaque dossier (Colombie, Guatemala, Philippines), vous pouvez envoyer une lettre à l'ambassade concernée pour lui demander d'y accorder de l'attention et d'initier une instruction pour violation des droits de l'homme. Nous demandons également de partager massivement les posters de campagne sur les réseaux sociaux. Toutes les informations à ce sujet se trouvent sur les pages dédiées aux dossiers.

Qu'est-ce que la Protection Sociale ?

C'est un système qui vous protège des aléas de la vie : si pour nous elle coule de source, c'est encore loin d'être la réalité pour 75% de la population mondiale. Le moindre coup du sort peut les mettre dans le pétrin. Tomber malade et ne pas être capable de payer le traitement, perdre son emploi ou sa récolte, travailler toute sa vie et ne pas avoir droit à une pension : des coups durs auxquels sont encore confrontés les gens dans de grandes parties du monde.

Pour arriver à un système de sécurité sociale solide, il est impératif d'arriver à un bon dialogue entre les autorités et la société civile. Syndicats, mouvements féministes, organisations sanitaires et autres mouvements sociaux sont au plus près des problèmes rencontrés par la population. Ils mettent souvent en place des projets indépendants et mènent des campagnes actives pour s'attaquer à ses points névralgiques dans la société. Leur expérience, expertise et base de soutien les rend indispensables dans l'élaboration d'un système inclusif et réalisable de protection sociale, comme le conclut également une étude menée à la demande de HIVA-KU Leuven et publiée cette année.

Mais on ne peut pas dire que les gouvernements du Sud soient nombreuses à partager cette vision. Elles considèrent les mouvements sociaux comme des fardeaux qui troublent l'ordre public et doivent être bottés en touche. Ces dernières années, d'innombrables activistes du monde entier ont été victimes de répression. Intimidation, emprisonnement, enlèvement & assassinat : nombre d'entre eux ont fait les frais de violence de l'État, de groupements paramilitaires ou de bandes engagées à cet effet. 

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