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02/10

Climat: il fait chaud au Parlement bruxellois!

Ce matin, M3M ainsi que d'autres organisations sociales, ont été invitées par Groen et Ecolo au Parlement bruxellois lors d'un « Petit déjeuner climat » afin de discuter de la COP21 et de la mise en œuvre en Belgique des décisions qui y seront prises. Nous avons ensuite participé à une séance parlementaire, mouvementée, sur le climat et la COP21.

Avec une dizaine d'associations, dont le CNCD, WWF, Associations 21, Brussels Climate March et le Climate Express, nous avons fait part à Evelyne HUYTEBROECK (Ecolo), Annemie MAES (Groen) et Arnaud PINXTEREN (Ecolo) de nos exigences et inquiétudes en matière de changement climatique pour les années à venir. Pour combattre le changement climatique, chacun était d'accord pour dire qu'il est urgent qu'un accord ambitieux et contraignant soit pris lors de la COP21. Il est également important de reconnaître les catastrophes climatiques endurées par les pays du Sud en instaurant un mécanisme international de prise en charge des pertes et préjudices climatiques. Jusqu'à présent les pays du Nord y sont plutôt réticents.

Un véritable changement est nécessaire

Il est également important de soutenir toutes les initiatives citoyennes de transition. Mais si nous voulons lutter au plus vite contre le changement climatique, nous avons besoin d'un changement de système. Au-delà de l'investissement en énergie renouvelable et en transports en commun, il faut s'attaquer à des structures plus profondes telles que le libre-échange qui pousse à une production (et donc une pollution) sans cesse croissante ainsi qu'au pillage des ressources naturelles du monde entier. La crise VW de ces derniers jours nous a montré que les technologies vertes ne pouvaient pas répondre à la crise climatique tant que nos entreprises seront sans cesse tournées vers plus de production pour plus de profits. Un réel changement de paradigme au niveau de notre système économique et de nos pouvoirs publics est nécessaire.

Pourtant, la Belgique est un mauvais élève sur la scène européenne en matière de climat. Nos différents gouvernements ne se sont toujours pas mis d'accord (et cette discussion dure depuis plusieurs années) sur le burden sharing, c'est à-dire les négociations sur le partage des objectifs climatiques de la période 2013-2020. Or, seule une répartition claire des objectifs d’émissions de gaz à effet de serre et d’énergies renouvelables entre les Régions et le fédéral peut réellement favoriser la transition écologique et sociale qu'il est indispensable de mettre en œuvre si nous voulons lutter contre le changement climatique. De plus, sans accord de répartition, la Belgique risque de se retrouver à nouveau bloquée et incapable d’annoncer un financement climat prévisible pour la période 2015-2020.

La faute aux autres

Nous avons pu constater ces incohérences et contradictions lors de la séance parlementaire sur le climat et la COP21 qui a suivi le « Petit déjeuner climat ». Tout d'abord, il y avait très peu de parlementaires dans la salle ce qui montre le faible intérêt de ceux-ci à la cause climatique. Ensuite, alors que l'invitation avait été adressée aux différents Ministres de l'Environnement, seule la Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée du Logement, de la Qualité de Vie, de l’Environnement et de l'Energie, Mme Frémault avait répondu présente à l'appel. Notre Ministre fédérale de l'Energie, de l'Environnement et du Développement durable, Mme Marghem, n'était par exemple pas présente.

Chacun à son tour, les représentants des différents partis ont émis leurs inquiétudes et leurs volontés pour combattre au mieux le changement climatique au niveau de Bruxelles Capitale. Un débat tendu lors duquel chacun se renvoyait les manquements des uns et des autres. Pourtant, comme le disait Evelyne Huytebroeck, «Ce n'est qu'ensemble et à tous les niveaux de pouvoir, que nous parviendrons à lutter contre le changement climatique ». Alors que nos ministres fédéral et régionaux de l’Environnement appelaient récemment la population belge à faire un « clic pour le climat »,  Evelyne Huytebroeck appelait à un « déclic » de notre gouvernement pour transformer radicalement notre économie afin de lutter contre le changement climatique. Son collègue, Arnaud Pinxteren a également rappelé certains outils stratégiques efficaces comme le Plan régional de Développement durable, le Plan air, climat et énergie ainsi que le plan Iris 2, pour lutter contre le changement climatique. Les bâtiments représentent 43 % des émissions de CO2 sur le territoire bruxellois et il est également important d'investir dans ce secteur.

Michaël Verbauwhede (PTB-PVDA) citait également Naomi Klein en disant que la crise climatique est « un problème du capitalisme ». Ce dernier rappelait l'importance et l'obligation pour la Belgique de diminuer ses émissions de CO2 et de faire son devoir vis-à-vis des pays du Sud. Il est également important que l'Union européenne et les pays riches ne  fassent pas payer les frais de ces changements par la population. Il faut une transition juste et des investissements de la part des pouvoirs publics en matière de transports publics, de rénovations et d'isolation des bâtiments ainsi que de chauffage écologique.

Un débat qui fut donc mouvementé et dont nous n'avons pas encore vu la fin. La Belgique parviendra on l'espère à un accord pour la COP21. Il est primordial que ce dernier ne soit pas la résultante du plus petit dénominateur commun. C'est pourquoi, nous appelons tous les Belges à se mobiliser pour faire pression sur nos gouvernements avant, pendant et après la COP21. 10 000  Belges à Paris, vous en ferez partie ?

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