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23/07

Témoignage: Voyage de Solidarité du Comac en Palestine 

Début juillet, 17 jeunes du Comac ont sillonné la Palestine. Chaque jour, ils ont rencontré de nouvelles personnes et découvert la dure réalité de l'occupation. Le cœur et l'esprit emplis à la fois de colère et d'espoir, ils racontent leurs premiers pas en Palestine:

C'est important que vous veniez ici, comme ça vous pouvez raconter notre histoire et dire au monde ce qu'il se passe ici - Une habitante de Hébron, Palestine.
  • Hébron, une ville où l'occupation militaire se ressent à chaque coin de rue.

De nombreux membres du groupes ont été choqués par leur visite d'Hébron. Certains d'entre eux se sont exprimés avec des mots forts et puissants :

" Tellement de choses, tellement de sentiments que je ne sais même pas quoi dire. Dans quel ordre. Comment. Juste envie de tout écrire d'une traite.

Aujourd'hui, j'ai parcouru les rues de Hébron... et j'ai mal. Mes tripes sont nouées. Je pleure à gros sanglots, pleins de rage et de colère.

Car aujourd'hui, j'ai vu des palestinien.ne.s se faire traiter comme des animaux, des moins que rien. Visiter Hébron, c'est ressentir au plus profond de soi ce témoignage d'un ancien lieutenant de l'armée israélienne membre de Breaking the Silence : « J'étais dans une situation qui m'a corrompu à un degré tel que, après quelques temps, les Palestiniens n'avaient pas vraiment de visage humain. Ils étaient Arabes et, en ce qui me concernait, ils avaient perdu toute forme humaine. »

Aujourd'hui, j'ai rencontré des hommes et des femmes n'ayant pas le droit de se déplacer librement dans leur propre ville, dans leur propre pays. L'utilisation de la voiture leur étant interdite (mais pas aux colons ni à l'armée israélienne). Leur quartier étant entouré de 4 check-point synonymes d'agression, de harcèlement, de risques d'arrestation arbitraire voir de meurtre (34 personnes pour la seule année 2016). Au point que les jeunes ne veulent plus aller à l'école, tant le passage des check-point pour y accéder est humiliant et dangereux.

Aujourd'hui, j'ai rencontré un jeune qui s'est fait arrêter... parce qu'il étudie l'ingénieurie. « Tu veux apprendre à faire des bombes, c'est ça ? » lui ont lancé les soldats qui ont estimé que c'était un motif valable pour l'emprisonner, le dévêtir et le relâcher 24h plus tard, en sous-vêtements, à un check-point à des kilomètres de chez lui.

Aujourd'hui, j'ai vu un marché couvert de grillages pour protéger les palestinien.ne.s qui y font leurs achats des jets de détritus et de pierre que les colons israéliens lancent depuis leurs fenêtres qui surplombent la ruelle.

Aujourd'hui, j'ai vu des soldats tirer des lacrymos sur des enfants - oui des enfants ! - parce qu'ils lançaient des cailloux en direction de ceux qui, depuis des décennies, les prive de tout.

Aujourd'hui j'ai mal. J'ai la rage. J'ai envie de hurler. Crier au monde entier ce qu'il se passe ici. Ce que les palestinien.ne.s endurent au quotidien. L’atrocité de l'occupation et l'impunité d'Israël. Mais je m'accroche à la force irrépressible et exemplaire de ce peuple qui résiste. Et m'inspire pour continuer à lutter ensemble contre ce système capitaliste impitoyable ».

Derrière la violence de l'occupation, il y a l'espoir des Palestinien.ne.s. Pour l'organisation de femmes que le groupe Comac ont rencontrée hier, c'est clair : "Cette terre est la nôtre et nous la défendrons jusqu'à ce qu'elle nous revienne à nouveau, et elle nous reviendra. Dans 2 ans, dans 20 ans ou dans 30 ans, mais elle nous reviendra. En attendant, on s'organise, on s'aide les uns les autres. C'est important que vous veniez ici, comme ça vous pouvez raconter notre histoire et dire au monde ce qu'il se passe ici""

  • Jérusalem, l'espoir ne mourra pas

«Vivre à Jérusalem Est pour un Palestinien, c'est perdre son identité. Littéralement : ils ne sont pas habitants officiellement de Jérusalem, seulement "résidents". Résidents sur leurs propres terres, résidents dans leur propre maison. Mais pas citoyens.

Israël efface, pierre par pierre, page par page, les références historiques à la Palestine. Un seul but : justifier l'injustifiable, la colonisation des terres palestiniennes, mètre par mètre. Faire croire que personne ne vivait là avant. Que Israël est "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", comme disent les sionistes.

Alors Israël réécrit l'histoire. Sur les monuments, dans les manuels d'histoire, dans les villes. Ils refondent Jérusalem à leur image. Pas une rue sans voir au moins un drapeau israélien (souvent plus). Et pas une rue où apercevoir celui des Palestiniens, interdit car considéré comme outil de propagande. 

Ils balayent l'histoire, mais ils ne tueront pas l'espoir. Pas un seul palestinien que j'ai rencontré ne l'a perdu. Ils ne quitteront pas leurs terres. Ils continueront à lutter. Jusqu'à ce que la Palestine soit libre. »

 

Face à ces témoignages bouleversant, mêlant rage et espoir, une question se pose : « Quand nos gouvernements vont-ils enfin mettre fin à leurs partenariats avec ce gouvernement d'extrême droite colonisateur qu'est Israël ? »

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