BLOG

08/10

Des jeunes à l’œuvre à Kinshasa

Deux éducateurs, Hugo et Lut, sont pour le moment en visite chez Étoile du Sud, notre partenaire à Kinshasa, pour mettre sur pied une formation pour jeunes moniteurs. Cette visite répond au souhait de notre partenaire de rajeunir son fonctionnement. Et cela se fait avec enthousiasme. Lisez ci-dessous leur premier rapport.

Notre tâche est d’aider à donner une bonne formation à une nouvelle génération de jeunes débordant d'énergie, afin qu’ils prennent leurs responsabilités dans le développement d'Étoile du Sud.

Bonjour à tous,

Voilà trois bonnes semaines que nous sommes de retour à Kinshasa, au siège d'Étoile du Sud dans la commune de Masina. Tout le monde s’active ici à l’organisation d’activités et à la préparation de textes et d’autres tâches annexes pour un cycle de formation couplé à des missions pratiques sur le terrain.

Il fait en moyenne 33 à 34 degrés. Sur les trois semaines, nous n’avons eu que quelques brèves averses. Avec comme conséquence l’omniprésence de la « poussière ». Les gens versent de l’eau (un bien très précieux) sur leur terrain pour fixer la poussière. Lut balaie chaque jour notre « chambre » pour qu’elle reste sans poussière. Ce n’est pas l'idéal pour des personnes ayant des bronches sensibles. Mais en Belgique, il y en a beaucoup qui seraient heureux de passer quelques semaines dans une température tropicale. Quoique…

Au siège, dans le quartier Abattoir de Kinshasa où nous logeons, Étoile du Sud organise chaque semaine des conférences vidéo sur l’histoire et l’actualité du Congo et sur la situation dans le monde. Le 22 septembre, nous avons participé à ce genre d’activité. 90 jeunes sont venus, des étudiants, des chômeurs des quartiers. Ils ont activement pris part au débat. La dynamique des jeunes était amorcée !Notre tâche est d’aider à donner une bonne formation à une nouvelle génération de jeunes débordant d'énergie, afin qu’ils prennent leurs responsabilités dans le développement d'Étoile du Sud. Car EDS veut développer au sein de la population un contre-pouvoir pour le droit à la santé.

Au boulot

Ces dernières semaines, 29 candidats ont été sélectionnés parmi les 60 jeunes qui se sont présentés. Ils vont suivre un cours de formation sur Étoile du Sud, le droit à la santé et le travail avec la population. Le but est de recruter des jeunes qui reçoivent des responsabilités au sein de l’organisation.

Vendredi dernier, nous avons commencé la formation des jeunes responsables. Près de 25 jeunes se sont présentés. La séance a commencé avec un petit incident sur la ponctualité : se présenter à l’heure n’est pas quelque chose d’évident pour ces jeunes. Martin, le coordinateur, n’avait rien trouvé de mieux que de fermer la porte. Les retardataires devaient attendre la pause pour pouvoir se joindre au groupe. Apparemment, ça a marché puisque le deuxième jour, on a pu constater une nette amélioration.
Le cours est très orienté vers la pratique. Neuf groupes de travail ont chacun reçu une mission.
Ils vont par exemple créer des noyaux dans de nouveaux terrains, comme les universités, les écoles, les quartiers ; d’autres se rendent dans des quartiers où Étoile du Sud est déjà actif, pour enquêter sur les résultats, les problèmes, l’implication des femmes, etc. ; un groupe va faire un travail d’étude et de recherche autour de la problématique de l’eau.
Ce qui frappe, c’est que très peu de filles se présentent pour la formation et peu veulent prendre des responsabilités. Une grosse déception pour Lut, féministe de la première heure. Elle veut qu’on s’attaque à ce problème. Dans une société d’hommes, où les hommes prennent les décisions et les femmes font le travail, ce n’est pas une sinécure.

Sur le plan politique, beaucoup de choses bougent. Kabila vient d’organiser une concertation nationale pour renforcer l’unité nationale face à l’agression dans le Nord-Kivu. A Kampala, en Ouganda, des réunions ont lieu avec le groupe de rebelles M23 qui a occupé Goma l’année dernière, avec le soutien du Rwanda. Sans résultat jusqu’à présent. Ils exigent une amnistie et une réintégration dans l’armée congolaise. Le Congo ne veut pas en entendre parler. Mais on vous en dira plus la prochaine fois.

Lut et Hugo

8014 views