BLOG

26/09

Deux étudiantes palestiniennes de Jérusalem à Manille

Le boulot peut être chouette, parfois. Par exemple, quand on peut prendre rendez-vous avec deux jolies étudiantes palestiniennes. C’est ce que j’appelle joindre l’utile à l’agréable.

Tout comme aux Philippines, l’intervention américaine est la source de tous ces problèmes en Palestine.

Le boulot peut être chouette, parfois. Par exemple, quand on peut prendre rendez-vous avec deux jolies étudiantes palestiniennes. Nagham et Somod, toutes deux originaires de Jérusalem et aux longs cheveux bouclés, te souhaitent la bienvenue avec un grand sourire. C’est ce que j’appelle joindre l’utile à l’agréable. Toutes deux sont en effet également actives dans le réseau des jeunes de notre partenaire local, les Health Work Committees. En août, elles ont passé quatre semaines chez nos partenaires aux Philippines. Ces échanges Sud-Sud, comme on les appelle, ont apparemment été une belle expérience.

Nagham se lance et raconte: « Nous avons été changées par notre expérience, ici, aux Philippines. Quand nous retournerons en Palestine, nous serons des nouvelles femmes. » Pour elles, les Philippines sont un monde assez différent. « De nouvelles personnes, une culture et une nourriture différentes… Notre expérience ici est unique », précise-t-elle. Somod ajoute : « Il y a une chose vraiment unique aux Philippines – dont nous, Palestiniens, nous pourrions bien nous inspirer –, c’est que les gens ici sont toujours souriants, partout, même pendant la lutte ou au milieu d’une calamité. »

Pourtant, aux Philippines, l’inégalité est criante. Lorsque Nagham et Somod sont arrivées dans le pays, la première chose qui les a frappées était la vue d’une famille vivant sous un panneau publicitaire promouvant une marque de parfum de luxe. Aux Philippines, l’écart grandissant entre les riches et les pauvres a atteint un niveau des plus détestables.

Mais les filles ont aussi remarqué des points communs entre la Palestine et les Philippines. Pendant la première semaine, elles ont visité un village dans la province de Batangas où les habitants résistent contre la démolition de leurs maisons. Somod et Nagham ont aussi vécu dans un bidonville dans une zone de Manille où il y a une très forte concentration de familles pauvres urbaines. Ici, la démolition fait partie intégrante de la lutte quotidienne. « C’est comme chez nous, constate Somod. Les Palestiniens sont actuellement en train de protester contre le Plan Prawer qui cherche à expulser plus de 40.000 Bédouins et à démolir environ 50 villages pour construire de nouvelles communautés juives dans le désert du Negev. »

Et les filles ont retrouvé le même ennemi: « Tout comme aux Philippines, l’intervention américaine est la source de tous ces problèmes en Palestine. Nous avons appris que l’armée américaine tend à utiliser les Philippines comme sa base contre la Chine. En Palestine, l’Amérique soutient et finance le gouvernement d’occupation israélien pour l’écrasement de la lutte du peuple palestinien. »

La force qui émane des deux jeunes femmes est impressionnante: « Pendant notre séjour, nous avons appris une leçon très importante: nous avons réalisé que nous étions plus fortes que nous ne le pensions. Chaque individu possède une force en lui et, si toutes ces forces sont unifiées, cela fera une différence. Nous devons défendre notre lutte. Ne pas avoir peur de se battre. » Comme je le disais, parfois le boulot peut être agréable : c’est bien ce genre de femmes qu’on aime rencontrer.

 

Toutes les trois semaines, la rubrique « Quoi de neuf, docteur ? » de l'hebdomadaire Solidaire donne la parole à M3M. Nous republions cette contribution ici.

 

6920 views