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20/10

Deux cérémonies typiques de la RDC

J'ai pu assisté à deux cérémonies à Lubumbashi. La première fut la défense du travail de fin d'étude et la seconde cérémonie fut la cérémonie de la dote. 

J’ai eu l’occasion d’assister dernièrement à deux « cérémonies » typique de la République démocratique du Congo.

La première fut la défense du travail de fin d’étude de deux étudiants membres de l’organisation « Usahidizi ».  Il est vrai que des défenses de mémoire ou de TFE il en existe aussi en Belgique mais les conditions dans lesquelles ces défenses ont lieu, sont, n’ayons pas peur de le dire, à l’opposé de la Belgique. En effet, la défense à l’UNILU ne se passe pas à huit clos mais bien en présence des autres étudiants devant défendre ce même jour-là. De plus, toute personne (famille, proche voir même inconnu) est libre d’être présent et d’assister aux défenses. Vous pouvez alors penser que ces personnes restent calmes et attentives aux propos de ceux qu’ils viennent soutenir. Détrompez-vous, l’audience n’est pas silencieuse et des discussions ont bien lieu entre les différentes personnes alors même que des étudiants essayent de convaincre le professeur et les assistants de la justesse de leurs propos, de leur mémoire. Les familles sont également autorisées à prendre des photos et donc de se déplacer librement pour avoir le meilleur profil de leur fils ou fille. Les familles oublient que cela reste un examen qui compte pour 20% des points de l’année académique.

Une fois la personne « libérée » par le prof, c’est alors que commence les cris de joie et les coups de sifflet de la part de la famille et des amis à l’intérieur même de l’auditoire. Cela alors qu’un autre étudiant commence à défendre son travail. 

Ensuite, si la famille à les moyens elle organise une petite réception pour fêter la fin de la défense, qui signifie aussi la fin des examens.  Cette fête a lieu alors que les résultats ne sont pas encore connu et qu’il persiste un doute sur la réussite ou non de l’étudiant.

 

L’autre cérémonie à laquelle j’ai eu l’occasion d’assister fut la cérémonie de dote ou aussi appelée le mariage traditionnelle d’un membre d’EDS. J’ai eu l’occasion de découvrir les différentes étapes qui font partie de cette cérémonie. Voici en quelques mots comment s’est déroulée la cérémonie.

Tout d’abord c’est la famille de la fille qui reçoit la famille du garçon. Dès lors, s’est eux qui préparent le souper et l’endroit pour recevoir la « belle-famille ». Ensuite, le garçon et sa famille viennent aux alentours de l’heure qui leur a été indiqué mais généralement ils se présentent avec un certain retard. A leur arrivée à la cérémonie, la grand-mère s’est assise par terre pour que la famille du garçon ne puisse pas passer. Ils devaient dès lors donner de l’argent pour gagner le droit de passage à la cérémonie mais également le droit d’accéder à la future mariée.

Une fois cela fait, ceux-ci entre dans le salon. A ce moment-là, la future mariée n’est pas encore présente dans la  pièce. Une fois que tout le monde est arrivé (les deux familles respectives, les amis proches,…) la cérémonie peut alors commencer.

La cérémonie à laquelle j’ai assisté a débuté par la présentation d’une fille que l’on a présentée comme étant la future mariée alors que ce n’était pas le cas. Ceci est en quelque sorte un petit jeu lors duquel le futur mari doit dire que cette fille n’est pas sa promise. C’est alors qu’on lui explique que celle qu’il veut épouser est partie dans son village et que s’il veut qu’elle revienne il va falloir payer le transport. Un membre de la famille du garçon donne alors une certaine somme. Ensuite la futur marié arrive dans le salon et s’assied à côté de son futur époux. La cérémonie peut alors continuer, cérémonie qui fut animée par le frère de la mariée.

Quelques temps après le « porte-parole » de la famille du garçon lit une liste comprenant des objets et de l’argent. Cette liste correspond à la dote demandé par la famille de la fille. Cette liste varie d’une tribu à une autre et dans la présente liste il était indiqué entre autre : des casseroles, le costume du papa, des pagnes, des chaussettes, de l’argent… Après la lecture les différents objets sont remis à la famille de fille. L’argent fut remis à la fille et ce fut lorsque celle-ci remis l’argent à son papa, qu’elle signifia par ce geste qu’elle acceptait l’union avec l’homme assit à ses côtés.

Après la personne qui anime la cérémonie explique bien que ce geste doit signifier un non-retour et qu’elle ne peut pas divorcer car la dote va être utilisée ou dépensée. En effet, en cas de divorce  le mari peut redemander la dote. Donc toute personne ayant reçu une partie de la  dote (généralement une partie de l’argent de la dote est partagée entre les membres de la famille), même si ce n’est que 100 fr Congolais, devra rendre ce montant à la famille de la fille pour rembourser le mari. Quand il y a des enfants, généralement, il ne réclame pas ces biens.

Ensuite la cérémonie se clôture comme elle a commencé en prière et les mariés se dirigent vers le buffet et mange, suivit des différentes familles. A la fin le surplus de nourriture est donné à la famille du garçon qui repart avec chez eux. Puis les deux familles se quittent. Bien que la fille soit désormais considérée comme la femme du monsieur, ceux-ci devront attendre le mariage civil et religieux pour pouvoir vivre ensemble.

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