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19/03

Guatemala : Le droit a un accès aux soins de santé pour tous dans le respect de la culture et de la Cosmovision Maya.

A l’heure où j’écris ces lignes, le Guatemala dont la population compte près de 60 % d’indigènes vit des temps difficiles. Au niveau étatique, les pouvoirs sont concentrés dans les mains de quelques acteurs politiques qui empêchent la bonne application des multiples conventions, lois internationales et nationales que le pays a ratifié.  En effet, il existe dans de nombreux secteurs (et notamment dans celui de la santé), une réelle discrimination ainsi qu’une exclusion à l’égard des peuples indigènes et de leur coutumes.

" Paso a paso hacia el buen vivir"

Ci-dessus, telle est la devise d’ASECSA (Asociacion de Servicios Comunitarios de Salud) dont j’ai intégré l’équipe comme stagiaire (grâce à M3M) il y a de ça maintenant deux semaines. Située dans le département de Chimaltenango, cette organisation est constituée de 57 programmes et organisations communautaires qui défendent le droit à la sante pour tous aux 4 coins du Guatemala.

Depuis la nuit des temps, les peuples indigènes du Guatemala aspirent à vivre leur vie « en plénitude, en harmonie ainsi que dans un respect et un équilibre entre l’humanité, les cycles de la Terre Mère, du cosmos, de leur histoire et de toutes les formes de vies existantes ». Cependant depuis les colonisations et les invasions des siècles passes mais également suite aux changements climatiques, cette cosmovision a été fortement mise à mal. Pour ces peuples, il faut que toutes les énergies qui les entourent avancent ensemble, en complémentarité pour ainsi avoir la certitude de mener une vie paisible et d'être en bonne santé. Dans le cas contraire, la maladie et le malheur prendront le dessus.

Le "buen vivir" ne signifie pas spécialement de vivre riche, ni de posséder tous les bien materiels que la société nous incombe d'avoir pour etre "heureux". Il signifie simplement de vivre en équilibre et en paix avec son corps, son esprit et le monde autour de nous.

Quelques chiffres alarmants

  • Au niveau national, 49% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. Cependant ce chiffre s’élève à 70% pour les enfants indigènes.
  • Le taux de mortalité infantile est de 35 /1000 au niveau national et de 59/1000 pour les peuples indigènes.
  • Le taux de mortalité maternelle est de 150/100.000 au niveau national. Pour les populations indigènes ce taux est multiplié par 3.

La médecine maya

Au premier abord, et conformément à notre modèle de  santé occidental dit « rationnel et scientifique », on pourrait penser que le modèle de santé maya ne répond pas correctement a la demande des malades et des soins de santé. On pourrait également qualifier ce dernier de trop « traditionnel » ou de « pas assez empirique ».

Pourtant, dans un premier temps et au niveau juridique, cette médecine est appuyée par différents cadres formels comme : La Convention de 169, La déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes, La conférence internationale sur la population et le développement ainsi que les Accords de paix signes au Guatemala en 1996.

Dans un deuxième temps et au niveau de la santé publique, la médecine maya s’acquitte de toutes les règles imposées par l’Organisation mondiale de la Santé et comporte toutes les composantes nécessaires a la formation d’un système de santé de bonne qualité.

«Ta liberté prend fin là où commence celle des autres »

En conclusion et à mon sens, il convient à chacun de sortir de ses sentiers battus et d’accepter avec ouverture d’esprit les modes de pensées dans lesquels d’autres peuples trouvent le bonheur et la santé. La lutte vers une reconnaissance pour ces peuples indigènes commence par une prise de conscience premièrement a l’échelle nationale (combat que mène ASECSA au quotidien) et deuxièmement a l’échelle planétaire.

 

 

 

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