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03/04

La « réduction des risques liés au changement climatique » au Guatemala : un travail de longue haleine.

Au sein d’ASECSA (l’association dans laquelle je réalise mon stage depuis maintenant plus d’ 1 mois), j’ai intégré l’équipe FARO (« phare »). Cette dernière s’est donnée comme défi d’effectuer un travail de RRD « Reduccion de los Riesgos de Desastres » et d’ ACC « Adaptacion al Cambio Climatico » auprès de communautés (10 en particulier) fortement touchées par les catastrophes naturelles. 

La prévention et la préparation sont les clés pour que le changement climatique n’affecte pas les communautés.

Au Guatemala, les tornades, les sécheresses, les séismes, les glissements de terrains, les inondations et autres font partie du quotidien de ses habitants. Les communautés les plus soumises a risques sont celles qui premièrement se trouvent dans une ère géographique non avantageuse (difficiles d’accès ou par exemple à proximité d’un volcan) et deuxièmement qui ont de faibles ressources financières.

Afin de leur venir en aide, l’équipe FARO se charge dans un premier temps d’aller sur place pour les prévenir, les informer et mettre de cette manière la lumière sur les dangers qu’elles encourent. Durant cette approche la définition de « risque » (=possibilité de souffrir de dommages ou de pertes et donc ainsi d’avoir un énorme impact sur la nature et les hommes) est rappelée à tous. De plus, et dans le but d’anticiper ces désastres, l’équipe FARO tente de conscientiser un maximum  les communautés sur ces risques à l’aide de vidéos, de chiffres et de photos.

Cette première étape est primordiale car aussi surprenant soit-il, nombreux sont les guatémaltèques qui ne mesurent pas l’importance, ni l’impact que ces désastres peuvent avoir dans un long terme sur leur vie. Par la suite et dans cet optique de « prise de conscience », l’équipe FARO réalise une « Analyse de risque »Pour ce faire, elle définit avec précision quelles sont les menaces et les vulnérabilités qui caractérisent chaque individu de chaque communauté.Cette analyse se fait en interaction et avec l’aide des membres de la communauté. L’équipe FARO insiste bien sur l’importance du « travailler ensemble » (différent d’une vision d’assistance). 

Selon, ASECSA, « Une menace est tout ce qui peut se transformer en désastre si les communautés ne sont pas protégées contre elle ». Par exemple : ne pas avoir de réserves d’eau potable lorsqu’une sécheresse survient. Pour évaluer une menace, il faut mesurer sa fréquence (Combien de fois cette menace se produit-elle ?) ainsi que sa magnitude (Comment cette menace affecte-elle les communautés ?). Une fois ces menaces définies, l’équipe FARO réalise une « carte des menaces » de la communauté sur laquelle chaque habitant peut situer sa maison. Il arrive souvent qu’une maison se trouve à l’intersection de plusieurs menaces. 

Ensuite, on évalue la vulnérabilité de chaque famille. Pour évaluer une vulnérabilité, on doit prendre en compte et mesurer 3 éléments qui sont : L’exposition (en termes de biens) des familles a la menace, la fragilité (= « la possibilité qu’une menace puisse causer une mort, un traumatisme ou affecter la santé des personnes ») ainsi que la résilience (= « capacités d’un individu ou d’une communauté à récupérer suite à un désastre »). 

Pour mesurer les menaces et les vulnérabilités, nous devons établir des indicateurs. Par exemple pour calculer la fréquence d’une menace on notera 1 point si cela arrive « tous les ans », 2 points si c’est « tous les mois » et 3 points si c’est « toutes les semaines ».

Une fois l’analyse de risque réalisée, on doit mettre en place des activités ou formations pour prévenir/atténuer/ éviter ces risques. La prévention et la préparation sont les clés pour que le changement climatique n’affecte pas les communautés.

Un « plan de travail » pour la « Réduction des risques liés au changement climatique » est alors mis en place et ce rappelons-le dans le respect de la Terre Mère (cfr. Premier article).  Ce plan prévoit les activités qu'il serait possible de réaliser dans les communautés avec une aide municipale, départementale ou Nationale.

En conclusion et selon mon observation lors de mes deux visites dans les communautés Paya et Pachay le mois dernier, il semblerait qu’une connexion et une communication devraient réellement s’établir entre les décideurs politiques et les personnes en difficultés. Mettre en place et ensemble des solutions permettraient à ces dernières de vivre dans de bonnes conditions et surtout de rester en vie. Cependant, et au vue de la situation politique au Guatemala, cet objectif apparait plus qu’utopique. Que faire alors ? Créer une incidence politique en mobilisant un maximum de personnes et en faisant pression sur les acteurs politiques. Tel est en partie, le rôle de l’équipe FARO. Plus facile à dire qu’à faire pour ces communautés qui manquent (ironiquement) de … temps !

 

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La « réduction des risques liés au changement climatique » au Guatemala : un travail de longue haleine. | Viva Salud

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