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23/10

La lutte des peuples contre l'exploitation minière

Le mouvement pour la santé implanté en Équateur travaille beaucoup sur les questions environnementales: la lutte contre l’exploitation minière et pétrolière. En fouillant dans les archives de l’équipe ComunicandoNOS du Movimiento para la salud de los pueblos, j’ai trouvé des histoires émouvantes de communautés entières qui se mobilisent pour défendre leurs traditions et de leurs environnement. J’aimerais vous présenter en quelques lignes ce à quoi ils doivent faire face. J’espère, dans les semaines qui suivent, pouvoir m’attarder sur un ou l’autre des événements qui ont marqué cette lutte entre 2005 et aujourd’hui.

Les peuples unis, ne seront jamais vaincus

Avec le gouvernement de Rafael Correa et la nouvelle Constitution (2008), les équatoriens en général ont cru(et la majorité le pensé encore) que l’Equateur sortaient “de la longue nuit néolibérale” (mots du Président Correa). Cependant certaines communautés affectées dans leur mode de vie, selon des traditions ancestrales, ont vite compris qu’après cette longue nuit apparaissait un nouveau jour, et que celui-ci était également neoliberal.

Prenons l’exemple de l’exploitation minière à grande échelle  qui n’existait pas encore dans le territoire équatorien. Certains projets étaient déjà en cours avant l’arrivée de R.Correa au pouvoir, mais c’est sous ses mandats successifs que les populations rurales d’Équateur ont vraiment pris conscience ce qu’il leur arrivait. Depuis 2006 naissent des organisations sociales contre l’exploitation minière, surtout dans les provinces du sud du pays (Azuay, Morona Santiago, Zamora Chinchipe, Loja). Celles-ci organisent de grands évenements, comme les rencontres internationales (encuentro continental por el agua y la Pachamama – rencontre continentale pour l’eau et la Terre Mère, 2011).

Mais l’action principale est bien celle à la base: les communautés se solidarisent, s’unissent autour des luttes locales.

 

Jimbitono et El Pangui ou l’union de toute une province

Dans la province de Zamora Chinchipe, la communauté de Jimbitono a compris que l’électricité produite à partir de leurs rivières ne leur reviendrait pas mais allait, d’une part aux fast food KFC de Guayaquil, et de l’autre, alimenter un méga projet minier. De plus,  cette production avaient causé d’énormes chamboulements sociaux et environnementaux (l’entreprise a tout simplement déplacé la rivière). Les “comuneros” ont réussi à mobiliser des communautés de toute la province et créer une “coordination d’agriculteurs de Zamora”. Celle-ci a renforcé la lutte de Jimbitono contre le développement d’une seconde phase de production d’électricité  avant de s’attaquer à la mine qui affectait les communauté de El Pangui.

Cette lutte est toujours en cours.  Le gouvernement refuse encore d’écouter les habitants de la région.

 

 

Kimsakocha ; “Tu vis grâce à l’eau, tu meurs pour de l’or”

Plus près de Cuenca, un méga projet minier est également en cours. Kimsakocha (trois lagunes en kichwas), lieu sacré des communautés de la région, d’où naissent plusieurs rivières alimentant ces communautés et la ville de Cuenca, est ainsi menacé de disparition. Voilà maintenant 10 ans que les indigènes luttent contre cette exploitation. Mais au lieu d’écouter les protestations, le gouvernement applique une politique de répression. Plusieurs “défenseurs de la Pachamama” ont été incarcérés. La justice leur a donné raison dans leur lutte, mais applique des règles et des lois inadaptées et mal formulées: les juges ont affirmer être d’accord sur le fond, mais a donné raison à l’Etat.

En octobre 2011, les communautés ont appliqué leur droit collectif à la consultation. Celle-ci est normalement obligatoire (selon les normes internationales applicables en Equateur, et selon la Constitution du pays) et doit se faire avant tout projet minier (avant le contrat d’exploration et d’étude). Comme le gouvernement ne l’a pas fait, le peuple s’est organisé par lui-même. Plus de 90% des habitants de la région ont voté NON à l’exploitation minière. Mais le gouvernement ne veut pas reconnaitre ce processus démocratique. Selon le Président de la République, cette consultation est illégitime et ilégale, ce qui est contre-dit par les normes nationales et internationales: les peuples indigènes ont droit à cette consultation, avec ou sans l’autorisation du gouvernement comme forme de démocratie ancestrale.

L’argument principal du gouvernement est que l’argent récolté grâce aux exploitations servira à sortir le pays de la pauvreté. Ce à quoi les paysans ne croient plus. “Nous ne voulons pas de bénéfices économiques”; “on nous propose de boire de l’or au lieu de l’eau?”.

 

“El pueblo unido, jamás será vencido!”, le peuple, unis, ne sera jamais vaincu

Le travail en réseau des paysans latinos-américains leur permet de reconnaître les fausses promesses.  Les communautés équatoriennes bénéficient des expériences d’autres peuples au Mexique, au Guatemela, au Pérou. Leur conclusión est claire: partout où on exploite la nature, la population vit dans la pauvreté.

 

Les paysans équatoriens continuent donc leurs luttes, sachant qu’ils sont plus nombreux que ceux qui veulent les exploiter.

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