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21/02

Laos: un bilan plutôt positif pour les femmes saravanaises

Voici deux mois que je fais mon bénévolat chez HPA (Health Poverty Action) une ONG internationale basée à Vientiane, capitale du Laos. Leur principale mission est de donner accès à la santé aux populations les plus vulnérables vivant dans les régions retirées du pays.

“Elles osent plus, elles prennent la parole, elles enseignent maintenant, même aux hommes! Ce n’était pas le cas avant”

Actuellement, M3M en collaboration avec HPA et L’Union des Femmes du Laos ont un projet à Saravan qui approche bientôt à sa fin : “Le droit à la santé, à l’eau et à la nourriture des populations indigènes dans les régions retirées du Laos.”
J’ai eu l’occasion de partir sur place pour voir le projet à deux reprises. Les populations sont majoritairement indigènes et spiritualistes. Leur langue et coutumes sont donc très differentes de celles de la majorité de la population laotienne qui elle est bouddhiste.

Une des croyances dans le district de Ta Oy et Toomlane veut que la femme accouche seule dans la forêt. “Son sang durant l’accouchement considéré comme impur, pourrait déranger les esprits. Mais depuis quelques années les gens vont de plus en plus à l’hôpital” me dit Boudsady, la responsable du projet à Ta Oy.

Pareil pour le rapport à la maladie. Lorsqu’une personne tombe malade, ils ont tendance à se tourner vers un guérisseur traditionnel plutôt que d’aller à l’hôpital. Ce dernier aura comme rôle de chasser les mauvais esprits. Ils iront à l’hôpital seulement si la maladie persiste (parfois trop tardivement). Mais maintenant les gens ont tendance à adopter la logique contraire: d’abord ils vont à l’hôpital, et si le probleme persiste toujours ils auront recours à un guérisseur pour qu’il enlève le mauvais sort qu’on lui aurait jeté.

Mais le plus grand changement depuis le projet d’après Sengaloung Chantharat (Coordinatrice Provinciale du Projet et membre de Lao Women’s Union) c’est l’empowerment des femmes et ceci via des activités qu’elles entreprennent comme l’agriculture, le tissage et la fabrication de paniers de riz qu’elles peuvent ensuite vendre.

“Elles osent plus, elles prennent la parole, elles enseignent maintenant, même aux hommes! Ce n’était pas le cas avant”. La preuve, depuis janvier 2014, Keonoy est devenue chef de son village. Lorsque je l’ai appris ça ne m’a pas etonné du tout, j’avais bien remarqué sa force et son charisme impressionant dès le début de notre rencontre.

“Auparavant, les femmes n’osaient pas s’exprimer par timidité. Mais depuis qu’elles donnent la formation sur la nutrition chaque mois dans leur village elles sont devenues beaucoup plus confiantes. Elles découvrent leurs capacités à pouvoir s’exprimer devant une foule et à enseigner.”

Les connaissances qu’elles ont acquises durant la formation sur la santé maternelle les ont aussi encouragé à accoucher dans un hôpital ainsi que de manger plus equilibré après leur grossesse. D’habitude elles ne mangeaient que du riz avec un peu de sel et du gingembre,  craignant que ce soit mauvais pour leur santé et celle de leur bébé si elles mangeaient autre chose.

 

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