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07/12

M3M, intal et Comac mobilisés à Paris pour la COP21!

M3M, accompagnée de membres d'intal et de Comac, est à Paris pour participer à la COP21. Un premier weekend déjà bien rempli et riche en rencontres et découvertes!

 

On invite les criminels à être juges des négocations de la COP21

Arrivés en Thalys dès samedi matin, nous sommes partis au Village Alternatiba Mondial à Montreuil. De l'alimentation à la réduction des déchets en passant par l'énergie renouvelable, ce sont des centaines d'associations du monde entier qui sont venus présenter leurs initiatives pour un monde plus juste et solidaire.

Nous avons également participé tout au long du weekend au Sommet Citoyen pour le Climat durant lequel plus de 200 ateliers autour du climat ont été proposés par des organisations du monde entier.

L'emprise des multinationales dans les négociations climatiques

Pour ma part, j'ai assisté à un atelier du Corporate Europe Observatory qui dénoncait l'emprise des multinationales dans les négociations climatiques lors des Sommets des Nations Unies depuis 1992. C'est surtout depuis 2009 à Copenhague qu'on a vu arriver les grands business dans les négociations. La COP19 à Varsovie était appelée la “Corporate COP19” étant donné la présence omniprésente des multinationales. A Paris, EDF, Renault, BNP, AXA, Air France et j'en passe, sont les principaux sponsors de la COP alors que ces derniers sont les principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Selon Pascoe Sabido (CEO): “ On invite les criminels à être juges des négocations de la COP21”. Ils font valoir leurs intérêts à tous les niveaux de l'économie aux dépens de la crise climatique. Un document fuité de l'Union européenne annonçait que “L'accord de Paris ne peut pas mettre un frein au régime du libre-échange et à l'accord TTIP”.

La convergence des luttes pour une société plus juste et solidaire

C'est pourquoi lors d'un autre atelier organisé par plusieurs organisations telles que CEO, Aitec, APWLD, Global Justice Now, etc. sur le lien entre le climat et le libre-échange, l'accent était mis sur la convergence des luttes climatiques et du libre-échange car il s'agit bien du même monstre à combattre. A travers certaines règles comme l'arbritrage entre investisseurs et Etats, il est impossible de mettre en place la transition que nous avons besoin pour lutter contre le changement climatique. Ce sont les droits de l'homme contre les droits des investisseurs !

Car il s'agit bien de cela. Des millions de personnes dans les pays du Sud souffrent déjà des conséquences désastreuses du changement climatique qui sont renforcées par nos politiques libérales qui mènent à toujours plus de violations des droits de l'homme et de destruction de la nature dans ces pays. Lors d'un atelier organisé par Via Campesina, Roberto Dias de Fensuagro en Colombie rappelait: “Nous sommes à nouveau victimes de la colonisation à travers les accords de libre-échange”.

Des discours inspirants

Malgré ces tristes constats, nous gardons espoirs et sommes plus que jamais décidés à lutter contre ces injustices sociales, économiques et climatiques.

Lors de l'Assemblée de clôture du Sommet Citoyen pour le Climat, d'inspirants orateurs nous ont d'ailleurs donner davantage l'envie de nous battre.

Selon Geneviève Azam d'Attac : « Alors que les décideurs politiques piétinnent dans les négociations climatiques, nous avançons, nous société civile. Au Bourget, la primauté est donnée aux intérêts nationaux alors que nous sommes en train de construire une société civique internationale  ». Un peu plus loin, elle rappelait l'importance de se mobiliser : « Le capitalisme ne peut plus exister avec la démocratie. Aujourd'hui, nous avons le devoir de désobéir. »

Naomi Klein rejoignait cette idée : « Il était crucial que les gens aient pris les rues de Paris et celles du monde entier. » car elle rappelle également que : »L'accord qui va être conclu va mener à un réchauffement climatique de 3 à 4 degrés et même cette direction dangereuse ne va pas être contaignante. Nous savons qu'elle va franchir les lignes rouges (scientifiques, d'équité, etc.). Les dirigeants au sein du Bourget pensent pouvoir négocier avec les lois de la nature mais ils ne peuvent pas.  […] Nous avons besoin de passer d'une économie basée sur l'extraction à une économie qui se concentre sur le bien-être (based on caring). Pour ce faire, nous devons converger nos luttes. Il ne s'agit pas uniquement de lutter contre le changement climatique mais bien d'unir les lutttes économiques, sociales, environnementales, etc. ».

Kumi Naaido, directeur de Greenpeace a également eu un discours très inspirant en nous rappelant que: « La réelle démocratie est celle où se trouve le respect de la liberté d'expression, d'association et des droits humains. Si nous sommes et restons unis, nous serons plus forts et nous parviendrons à gagner».

Et nous gagnons petit à petit de par nos luttes. Comme le dit Juliette Rousseau de la Coalition Climat 21 : « Les bâtons dans les roues qu'ils nous ont mis sont la preuve que ce que nous disons est en passe d'être victorieux ! ».

Nous continuons cette semaine plus qu'enthousiastes avec des activités à la Zone d'Action Climat, des assemblées sur ce qui se dit au Bourget et même une visite prévue à l'Espace Génération au Bourget !

Si vous voulez plus d'informations sur les avancées des négociations, n'hésitez pas à lire cet article de Maxime Combes.

Lire le seconde blog d'Alexia sur la COP21.

 

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