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01/03

Mission de solidarité du Mouvement Populaire pour la Santé (MPS) : le peuple a besoin de notre voix

La mission du MPS à Gaza a rencontré le 1er mars le Réseau Palestinien des Organisations Non-Gouvernementales (PNGO), une organisation qui réunit plus de 130 ONG de Cisjordanie et de Gaza. L'objectif de cette réunion était d'entendre les voix des ONG et des militants qui travaillent pour les droits humains et les droits à la santé, parler de la situation six mois après le cessez-le-feu, et leur faire part de la solidarité des mouvements dans le monde envers le peuple de Gaza.

En terme médicaux, nous pouvons dire que nous souffrons d'un syndrome humanitaire mais que la maladie sous-jacente est politique, à savoir l'occupation israélienne

Le Dr Mona El Farra, vice-présidente du Croissant Rouge Palestinien, a rappelé que les 51 jours de combats se sont ajoutés à tant d'autres et qu'ils pèsent sur la société palestinienne pour les jours à venir. » Elle ajoute que la population de Gaza souffre de deux types de crimes de guerre : « L'un en rapport avec l'agression, l'autre avec le fait que le monde entier accepte que 1,8 millions de personnes vivent sous occupation et en état de siège. »

«En terme médicaux, nous pouvons dire que nous souffrons d'un syndrome humanitaire mais que la maladie sous-jacente est politique », ajoute le Dr Aed Yaghi, directeur de la Palestinian Medical Relief Society (Association Palestinienne de Soins Médicaux) à Gaza et militant MPS, « à savoir l'occupation israélienne. La solution ne peut pas être uniquement humanitaire, nous devons traiter la maladie. »

Amjad al-Shawa, directeur du PNGO pour la Bande de Gaza, ajoute qu'en 2008, après qu'Israël a déclaré Gaza « entité hostile », les donateurs ont commencé à s'occuper de Gaza en termes de cas humanitaire. Des milliards de dollars ont été dépensés, mais avant cette dernière agression, l'insécurité alimentaire atteignait 57%. Est-ce cela le succès de la communauté internationale ? Où sont les changements promis dans nos conditions de vie ? La communauté internationale est une partie du problème et non une partie de la solution. Nous avons besoin de justice, de droits, de voix, parce que tout ce que nous avons ici c'est une accumulation de ratés. »

Le Dr El Farra est également sceptique sur le rôle de l'aide internationale : « Les gens parlent du développement de la santé, mais je me demande ce que cela signifie dans un pays sous occupation. Nous ne sommes pas auto-suffisants et nous devons dépendre d'une aide qui n'est ni fiable ni stable. On ne peut pas parler de développement en matière de santé sous un régime d'occupation. »

Le PNGO rejette toute forme d'aide conditionnée et plaide maintenant contre le Mécanisme de Reconstruction de Gaza (GRM), qui régule l'entrée et la distribution de matériel de construction, principalement de ciment, pour les personnes dont les maisons ont été détruites. Le PNGO pense que cela légitime le siège et demande que les Nations Unies et l'Autorité Palestinienne s'en retirent : « Nous ne pouvons pas accepter la déclaration d'Israël qu'un corridor humanitaire a été ouvert, nous devons demander une ouverture complète et qu'Israël soit tenu pour responsable du maintien des populations sous occupation. »

Des paroles d'espoir sont adressées au MPS et en général à tous les mouvements de solidarité éparpillés dans le monde. « Nous allons continuer à faire entendre notre voix et à ne jamais abandonner », dit le Dr El Farra, « Vous devez savoir que nous ne sommes pas faibles et qu'un jour la justice triomphera. » Justice et solidarité, plutôt que charité, c'est ce que demande le peuple de Gaza. « Malgré tout, nous ne sommes pas des victimes mais des combattants de la liberté. Nous nous battons pour notre liberté, pour la justice, nous voulons jouer un rôle dans notre société et dans notre pays. »

Les membres de la mission de solidarité de MPS ont exprimé leur admiration pour le courage et la force des communautés sanitaires locales et ont souligné que le peuple palestinien avait le soutien des mouvements affiliés et des militants pour le droit à la santé du monde entier : «  Nous ne sommes que deux, et nous ne venons que d'Europe, pour des raisons pratiques, mais nous représentons des mouvements dans d'autres parties du monde, en Asie, en Amérique Latine et en Afrique. Ils sont solidaires des Palestiniens et ils partagent votre vision de la liberté et de la justice. »

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