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15/03

Notre partenaire aux philippines Gabriela en tête lors des protestations de la journée internationale des femmes

Lors de la journée internationale de la femme le 8 mars dernier, Gabriela et le mouvement social progressiste philippin dirigeaient les protestations. Ils revendiquaient l'accès à la terre, à des emplois, à la justice et à la paix. 

Le 8 mars, c'était au tour des femmes philippines de se lever contre l'oppression

Des milliers de femmes et d'hommes ont participé aux protestations qui ont eu lieu dans tout le pays. Les autres partenaires de M3M sur place – Council for Health and Development, Ibon Foundation, Climate Change Network for Community-based Initiatives et l'organisation des droits de l'homme Karapatan – ont également participé à la grève.

« Aujourd'hui, c'est au tour des femmes philippines de se lever contre l'oppression. Nous faisons grève pour nos droits à la terre, à un emploi et à un salaire décent, à des conditions de travail sûres, à la justice sociale et à l'émancipation », a fait savoir Gabriela dans son communiqué de presse.
« En compagnie des femmes du monde entier, nous profiterons de cette grève mondiale historique pour lutter pour notre droit à la santé, et à la nourriture et contre le trafic d'humains, la violence policière et l'oppression étatique. »

Un message adressé aux gouvernements philippin et américain

Les protestations se concentraient sur deux thèmes actuels concrets. Une première action de protestation a eu lieu au Parlement philippin et visait la nouvelle loi prévoyant de restaurer la peine de mort – neuf ans après son abolition. Nos partenaires craignent que la restauration de la peine de mort ne vise surtout les groupes les plus pauvres de la population. « C'est une façon historique d'imposer le silence aux dissidents politiques. La criminalité résulte pour une part importante de la pauvreté à grande échelle et d'un système social injuste. La peine de mort pourrait être utilisée à mauvais escient par la police et l'armée », a déclaré Makbayan, le représentant du mouvement social progressiste au Parlement.

Pour la seconde action de protestation, les activistes se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis. Ils y ont dénoncé l'ingérence des États-Unis dans la politique intérieure des Philippines. Ce sont surtout les accords militaires disproportionnés qui mettent en colère la population philippine.

Chose promise, chose due

L'après-midi, les manifestants se sont rassemblés près du monument Bonifacio, un symbole de l'indépendance philippine. Ils y ont écouté les messages de solidarité de plusieurs dirigeants sociaux. Joms Salvador, de Gabriela, y a surtout dénoncé les promesses non tenues du président Duterte : « Aujourd'hui, nous dressons le bilan de la présidence de Duterte. Les femmes pauvres et opprimées avaient déjà placé tous leurs espoirs dans les promesses du président de leur donner des terres, du travail et de leur apporter justice et paix. Les travailleuses, paysannes, étudiantes et femmes immigrées sont pourtant restées sur leur faim. Duterte a rompu ses promesses et semble de plus en plus opter pour une politique néolibérale étonnamment semblable à celle de ses prédécesseurs. »

La guerre à mort contre la drogue

Duterte est intervenu de façon particulièrement musclée contre les trafiquants et consommateurs de drogue, généralement des pauvres, mais il se montre aussi de plus en plus dur envers les activistes politiques et groupes de population indigènes. Depuis l'accession au pouvoir de Duterte, en juin 2016, l'organisation des droits de l'homme Karapatan a déjà compté plus de 6000 morts dans la guerre contre la drogue. 19 militants et dirigeants populaires indigènes ont également été assassinés sous le règne de Duterte.

Plusieurs organisations sociales ont présenté chacune leurs revendications. La manifestation s'est terminée rue Mendiola, un lieu historique et symbolique non loin du palais présidentiel. « Nous demandons à Duterte d'écouter les femmes et de traiter les problèmes sociaux et économiques fondamentaux du pays ! » 

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