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27/05

Pendant le Forum Economique Mondial, Ibon rejette la prétention du gouvernement philippin à être le prochain miracle asiatique

Pendant le Forum Economique Mondial, Ibon dénonce la prétention du gouvernement philippin à être le prochain miracle asiatique revenant toujours sur l’impressionnante croissance économique qui en fait l’économie à croissance la plus rapide du Sud-Est asiatique. Ibon a déclaré que la croissance de l'économie philippine est artificielle, instable et qu’elle ne bénéficie qu’aux consortiums multinationaux et aux grosses entreprises locales tandis que la majorité de la population souffre d’un taux de pauvreté extrême et de chômage sans précédent . Le groupe de recherche a dit que la déclaration est un pur matraquage médiatique destiné à leurrer le monde des affaires étranger et de sceller davantage de partenariats « privé-public » (PPP).

Le groupe de recherche et le partenaire de Médecine pour le Tiers Monde (M3M), Ibon a critiqué comme étant du matraquage publicitaire la déclaration du gouvernement philippin qui lors du Forum Economique Mondial du Sud-Est  asiatique concluait que son pays est « le prochain miracle de l’Asie » . Il dit qu’une image de marque telle que « le prochain miracle asiatique » ou « l’étoile montante de l’Asie » est conçu pour attirer le monde des affaires de l’étranger et sceller plus de partenariats « privé-public » (PPP).

Les Philippines ont été choisies pour accueillir le Forum Economique mondial de l’Asie du Sud-Est des 21-23 mai derniers après que le pays avait capté l’attention des élites du business global du fait qu’il émergeait comme l’économie à la croissance la plus rapide du Sud-Est asiatique et la seconde la plus rapide juste derrière la Chine. Le Forum Economique Mondial est compose des 1.000 représentants des consortiums et des grosses entreprises du plus haut niveau au monde.

Dans un rapport, le Forum Economique Mondial dit que la rencontre se tiendrait contre un “backdrop” de taux de croissance impressionnants et un trajet ambitieux vers l’intégration régionale et la libéralisation du commerce.
Mais selon Ibon, la récente croissance de l’économie Philippine est artificielle, limitée, poussée par la dette et instable et elle est accompagnée par une détérioration de la création d’emplois, un chômage croissant et une croissance qui provoque l’exclusion. Au lieu de s’attaquer aux véritables malheurs économiques tels que l’absence d’emplois et la croissance qui exclut, le gouvernement avance plus loin encore dans le maintien de programmes ratés et favorables au monde des affaires tels que les PPP qui affaiblissent la condition économique de la population, dit Ibon.

L’administration du Président Benigno Aquino a fait de l’initiative des PPP un programme ambitieux, pièce centrale de l’économie. Mais le programme ne se développe pas aussi vite que le souhaiterait le gouvernement, comme en conviennent à la fois les promoteurs et les détracteurs. Selon Ibon, le PPP a été inventé pour « assainir » et entraîner à sa suite la politique néolibérale douteuse de la privatisation.

"Le Forum Economique Mondial est conçu comme une rencontre destinée à inviter les consortiums transnationaux étrangers et les grosses entreprises autochtones à s’intéresser à des occasions de profit à court terme au milieu des économies « lentes » des Etats-Unis, d’Europe et du Japon.De même, il soutiendrait l’intégration économique émergente ASEAN en 2015, ce qui contribuerait à présenter un Sud-Est asiatique intégré de façon plus satisfaisante face aux grandes chaînes et aux gros consortiums étrangers, » dit le groupe de recherche.

Avec Bagong Alyansang Makabayan (la Nouvelle Alliance Patriotique) Ibon a co-sponsorisé un forum alternatif pour les groupes de la société civile et les organisations de terrain, le 23 mai dernier, dernier jour du Forum Economique Mondial, ouvrant la discussion sur l’impact des PPP sur des secteurs tels que les services publics, le travail, l’éducation/l’enseignement et la santé. Le forum était baptisé l’Echec Epique Mondial pour tourner en dérision la rencontre coûteuse qui avait attire 600 hommes d’affaires étrangers, banquiers et décideurs de 30 pays. Plus tard, les participants ont tenu une marche de protestation pour manifester leur indignation contre le Forum Economique Mondial.

 

L’effet nocif du PPP sur la santé

Sous l’Administration Aquino, l'un des secteurs qui font les frais du PPP est celui de la santé. A l’heure qu’il est, tous les hôpitaux qui appartiennent à l’Etat passent sous l’emprise du programme PPP ainsi que l’a annoncé le Secrétaire d’Etat à la Santé Enrique Ona.  Le gouvernement a prétexté de son manque de fonds et de l’insuffisance des services offerts comme étant les raisons principales qui l’ont poussé à ouvrir les hôpitaux aux marchés privés.

En réalité, le PPP dans la santé comme politique n’est que la continuation des politiques de privatisation qui ont été mises au point par le gouvernement dans le cadre du HSRA (l’Agenda des Réformes du Secteur de la Santé). Selon Ibon, dans le cadre du HSRA, le département de la Santé est charge de promouvoir la compétition  sur « le marché de la santé » ce qui signifie qu’il agit comme un médiateur entre l’entreprise privée  et l’individu au lieu d’être le pourvoyeur de services de santé.

Dans une présentation powerpoint au cours du forum, Angela Doloricon de l’Alliance des Travailleurs de la Santé a insisté sur le fait que la santé est l’un des droits humains et une responsabilité de l’Etat. La privatisation par l'entremise du PPP est la menace la plus énorme sur les vies et sur le bien-être de la population puisque le gouvernement montre qu’il est prêt à abandonner sa responsabilité pour ouvrir la voie à des compagnies à but lucratif pour la mise à disposition de services de santé.

Elle a présenté différentes statistiques qui montraient la situation lamentable de la santé dans les Philippines : 80,000 bébés meurent chaque année suite à des causes évitables ; 6 Philippins sur 10 qui meurent ne bénéficient d’aucun soin médical ; Sur un total de 41,000 villages, seuls 17,000 disposent de centres de santé offerts par le gouvernement sous-équipés en matériel, médicaments et personnel.

Elle citait l’exemple d’une ville située dans la province de Samar ravagée par le typhon Haiyan et où le service de santé local n’avait en permanence qu’1 médecin, 8 infirmières et 1 sage-femme pour répondre aux besoins d’une population de plus de 15.000 âmes. Lors d’une de leurs visites, les femmes enceintes se plaignaient de n’avoir que trop rarement l’occasion de voir un médecin ou une sage-femme pour le suivi régulier de leur grossesse.

Elle disait que le PPP ne répondrait pas aux drames de la santé dans le pays aussi longtemps qu’il ne changerait pas mais qu’il renforcerait au contraire les caractéristiques ordinaires des services de santé dans le pays : dominés par les lois du marché, centres en ville, curatifs et non pas préventifs et « contrôlés-de-l’extérieur » 

A l’heure qu’il est, il existe un mouvement de masse grandissant qui prie le gouvernement de renoncer à la privatisation en tant que politique de développement et particulièrement dans le secteur de la santé. Des groupes du secteur de la santé ont présenté une pétition à la Cour Suprême pour stopper le gouvernement dans sa tentative de pousser la privatisation de l’Hôpital Orthopédique des Philippines, premier hôpital du gouvernement à se voir privatisé. Aussi, des juristes qui appartiennent à des groupes de la liste du parti progressiste au sein du Congrès des Philippines ont récemment rédigé un réglement législatif qui interdise la privatisation d’hôpitaux publics.

 

Sources et articles de référence:
1. http://business.inquirer.net/170488/manila-to-showcase-ph-miracle-during-wef-on-may-21
2. http://www.ibon.org/ibon_articles.php?id=396
3. http://bulatlat.com/main/2014/05/25/ibon-on-wef-asias-next-miracle-tag-just-hype-to-lure-foreign-business-worsen-exclusionary-growth/

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