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14/11

Philippines: Human rights under attack

Anna est actuellement en stage aux Philippines auprès de nos partenaires. Elle raconte son expérience.

Chers amis en Belgique, pour le moment la situation ici est bien agitée.

Le 1er novembre, la police a arrêté 57 activistes. Chez chacun d'entre eux, des bombes et des armes ont été placées en tant que fausses preuves. Comme c'était le 1er novembre, et que le jour suivant est férié, les activistes n'ont pas pu lancer de l'aide. En outre, on ne peut payer une caution si l'on est accusé de possession illégale d'armes. Lors de ces 57 arrestations, 4 mandats d'arrêt seulement sur 10 ont été utilisés. Les 6 autres doivent donc encore être appliqués. GABRIELA est une cible possible dans ce contexte.

Comme la situation n'est plus sûre pour passer la nuit dans les bureaux, je dors chaque nuit dans un lieu différent. Ainsi, pour les deux dernières nuits, j'ai eu l'honneur de pouvoir dormir parmi 77 enfants qui ont fui Mindanao. Il y a là actuellement une loi martiale (Martial Law)  sous la direction de Duterte. 136 écoles Lumad ont été fermées parce qu'elles sont soupçonnées d'apprendre aux enfants à devenir terroristes, à se servir d'armes etc., ce qui est loin d'être la réalité. C'est un système scolaire adapté aux besoins sociaux. Les enfants apprennent à travailler la terre, à s'occuper du ménage, et cela en plus du programme scolaire habituel. Les autorités y voient un embryon de terrorisme. Le projet en cours ici, Lumad Backwit School, a pris le plus d'enfants et d'adolescents possible. Ils y poursuivent leur éducation dans la mesure du possible, avec 15 enseignants bénévoles, 5 avocats, 2 seniors ex-activistes et un parent. Sauf les avocats, toutes ces personnes accompagnent les enfants en voyage et tous vivent ensemble pour donner au groupe une bonne direction. Les enfants ont dû quitter leur famille. Leurs parents, leurs petits frères et soeurs... Tous les membres de la famille ne peuvent pas venir, vu que la plupart des enfants doivent contribuer aux finances de la famille. Les enfants au sein de l'école mobile devraient pouvoir sortir de la misère s'ils terminent leurs études et reçoivent un diplôme. Au cours de toute une année, ils déménagent environ toutes les deux semaines. L'université leur a ouvert ses portes il y a 10 jours. Aujourd'hui ils partent pour une école à Quezon City pour parler de leur processus d'intégration. Beaucoup ont mis des vêtements traditionnels de leur ville d'origine.

J'ai reçu ici énormément de chaleur et il m'est difficile de décrire à quel point il est exaltant et en même temps magique de me trouver ici au sein de ce formidable groupe d'enfants. Un seul mot pour  décrire ces deux jours : magnifique.

 

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