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20/12

Thailande: quand la droite se révolte!

Je viens de rentrer de trois semaines de vacances en Thaïlande. Avant mon départ, je ne connaissais pas très bien la situation et l'origine des manifestations dans la capitale thailandaise mais après même pas une heure sur le sol thaïlandais, je compris vite de quoi il était question...

Et hop dans le taxi! Je demande au chauffeur de me conduire à Khao San Road, une rue très touristique de Bangkok située près du Ministère de l'intérieur. Celui-ci me répond directement : " Ah non pas là-bas! Avec les manifestations, toutes les rues sont bloquées, il faut faire des détours, ca prend du temps et c'est dangereux". Je me dis qu'il doit s'agir d'un stratagème pour me faire payer davantage la course. J'appelle l'hôtel dans lequel je devais dormir pour savoir s'il y avait encore des manifestations à cette heure-ci  (il était tout de même 20h...) et il me répondit qu'il n'y avait pas de problème et que je pouvais m'y rendre.

Après avoir insisté auprès du chauffeur, il me conduisit à l'endroit, un peu énervé. Je lui posai alors des questions sur ces manifestations. Il me répondit: "C'est la droite qui se révolte contre le gouvernement. Il aide les pauvres et n'agit pas en faveur des riches. Ça les dérange..." Abasourdie, je compris qu'il s'agissait de l'inverse de ce pour quoi je travaille au quotidien. M3M croit en l'organisation et en la mobilisation des mouvements sociaux afin de changer les rapports de force et de faire en sorte que le gouvernement agisse en faveur de la majorité et non d'une minorité. En Thailande, c'était bien là tout le problème...

Le chauffeur me demanda: » Vous allez rester longtemps à Bangkok? ». Je lui réponds que j'allais partir dès demain pour rester dans le Nord tout au long de mon voyage. Il sourit. « Ah ça, vous n'aurez pas de problème ! Les gens sont pauvres au Nord, personne ne se révolte là-bas, ils sont tous pour le gouvernement. » Je souris également. Quelle situation étrange quand même... quand nous arrivâmes à Bangkok, nous fûmes directement coincés dans des embouteillages. Le chauffeur s'énerva m'expliquant que toutes les rues sont bloquées à cause des manifestations. En effet, un peu plus loin, j'aperçus d'énormes blocs de béton ainsi que des barbelés barrant les rues. Des policiers étaient également présents pour surveiller la circulation et autoriser l'accès aux rues à certains véhicules. Après une heure, j'arrivai enfin à mon hôtel. Touristes en masse, restaurants, boutiques, guesthouse, ... rien ne laissait penser qu'il pouvait y avoir des manifestations dans ce quartier.

Je partis le lendemain pour le Nord. Le chauffeur de taxi avait raison. Pas une seule fois en trois semaine j'entendis ou vis des personnes se rebeller contre le gouvernement. Au milieu de mon voyage, je rencontrai une thaïlandaise de Bangkok qui me montra avec son smartphone des photos d'internet des manifestations à Bangkok rassemblant des centaines de milliers de personnes. « Ah oui.. La situation est quand même différente là-bas, lui fis-je remarquer ». Elle me rétorqua : «  Oui mais il s'agit surtout d'un endroit en particulier. Lorsqu'il y a les manifestations, la vie suit quand même son cours à Bangkok. Beaucoup sont pour le gouvernement ! Il ne faut juste pas s'approcher de l'endroit où se passe ces manifestations ».

La première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a tout de même décidé, le lundi 9 décembre, de dissoudre le Parlement et d'annoncer des élections afin de laisser le peuple décider. Il n' y a plus qu'à attendre de voir si la majorité de la population l'emportera ou si la droite sera assez déterminée pour faire tomber le gouvernement. Même si ce dernier cas devait se réaliser, je crois en la puissance du peuple thaïlandais pour s'organiser et se mobiliser afin de rétablir la situation et remettre en place un gouvernement qui agisse dans l'intérêt de la majorité!

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