République Démocratique Congo

Quelques chiffres

Nombre d'habitants : 77.433.744
Superficie : 2.344.858 km²
Espérance de vie : 56,54 ans
Place sur l'indice de développement (HDI) : 186ème place


 

Quels sont les défis au Congo?

La République Démocratique du Congo occupe une place très particulière dans l'histoire de notre pays. De 1885 à 1908, l'État libre du Congo a été la propriété personnelle du roi Léopold II. À partir de 1908, c'est l'État belge qui a repris l'administration du Congo. Quelque 10.000 fonctionnaires blancs veillaient à ce que la population se décarcasse au service de la domination coloniale. La colonisation s'est traduite par une appropriation brutale du pays et de ses richesses et elle a soumis le peuple à une oppression sans précédent à l'époque.

Mais à partir de 1955, l'agitation sociale croît parmi la population laborieuse ; grèves et révoltes s'ensuivent. En mai 1960, vient l'indépendance politique, avec Lumumba comme Premier ministre démocratiquement élu. La Belgique n'entend toutefois pas renoncer à sa position dominante et, dans les années qui suivent, lance une véritable croisade contre la résistance populaire. L'establishment belge est détesté au Congo et les États-Unis se faufilent habilement vers le pouvoir. Ils investissent beaucoup dans le pays et mettent le dictateur Mobutu au pouvoir.

Sous la dictature de Mobutu, il n'y a pas de place pour les activistes progressistes. L'appareil d'État est développé dans un seul but : l'oppression du peuple même. D'importants projets enrichissent surtout les financiers occidentaux et imposent au pays une dette colossale. Le Zaïre de l'époque est déclaré en faillite et, au milieu des années 1980, il passe sous le contrôle de la Banque mondiale et du FMI. Dans les années 1990, Mobutu lance la transition vers un régime multi-partite. Mais, bien vite, il apparaît clairement que ce « multi-mobutisme » n'est pas précisément démocratique. Plus de 500 partis politiques voient le jour. Souvent, ces petits partis tournent autour d'un seul personnage et sont payés par la dictature. En 1996-1997, une insurrection populaire met un terme à cette situation. Mobutu est chassé et Laurent-Désiré Kabila devient le nouveau président du Congo.

Kabila aborde la lutte contre la corruption et met de l'ordre dans les services publics. Il dresse des plans afin de relancer l'économie et il expérimente des structures de participation populaire : les Comités de pouvoir populaire (CPP). L'auto-organisation va améliorer la situation des gens, ils peuvent aborder eux-mêmes les problèmes à partir de la base. Mais ces comités villageois pourraient demander des comptes à l'élite traditionnelle du Congo. Il va donc de soi que l'expérimentation de Kabila connaît pas mal d'opposition. En août 1998, poussés par les États-Unis, plusieurs pays voisins tentent de renverser le gouvernement de Kinshasa. Il est mis un terme à l'expérience des CPP. Mais, pour le peuple elle survit, dans les souvenirs et dans la pratique.

Début 2001, le président Kabila est assassiné, son fils Joseph lui succède. Conscient des rapports de force difficiles, ce dernier fait des concessions à l'Occident et aux agresseurs afin de sauver l'essentiel : l'unité du Congo, la reconnaissance de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la nation. Après la fin de la guerre, en 2002, les nationalistes sont obligés de collaborer avec ceux qui se sont rendus complices de cette même guerre. Avec une construction de ce genre, il est naturellement impossible d'administrer le pays.

Entre-temps, le Congo ne peut plus assumer sa colossale dette extérieure. L'Occident continue à se servir de cette dette comme moyen de chantage. Les salaires sont forcés à la baisse et la pauvreté parmi la population devient indescriptible. La guerre a anéanti les infrastructures et a donné le champ libre aux armées d'occupation et aux réseaux mafieux pour qu'ils pillent les richesses naturelles. Alors que la population est affamée, le pays doit faire des économies. Le Congo ne reçoit de l'aide que s'il fait ce que lui prescrivent le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

En 2006, suivent les premières élections démocratiques depuis 1960, remportées de justesse par Joseph Kabila. Elles donneront toutefois lieu à des protestations de la part des partisans de son adversaire, Jean-Pierre Bemba. En 2011, il y a de nouveau des élections. Kabila se proclame lui-même vainqueur. Des élections mal organisées et le constat de fraude.

Entre-temps, la tâche n'est toutefois pas devenue plus aisée pour Kabila. Depuis 2008, des rebelles provoquent l'insécurité dans l'Est du Congo et la population doit endurer beaucoup à cause des combats. Pour contrer la menace militaire dans l'Est, Kabila entend désormais œuvrer à deux choses : une plus grande unanimité dans le pays et une accélération de la politique de modernisation suivie par le gouvernement du Premier ministre Matata. Un rehaussement du sens civique doit aboutir à ce que les impôts soient payés correctement. La lutte contre la corruption doit faire en sorte que les impôts soient efficacement utilisés. Les Congolais qui ont de l'argent doivent investir et créer de l'emploi dans leur propre pays. Nécessaire également, mettre sur pied une armée moderne et efficiente qui puisse défendre le territoire. La paix et le développement, deux points essentiels pour le bien-être de la population, sont ainsi associés.

Le gouvernement congolais déclare vouloir développer un État de droit centralisé et se met en quête d'une plus grande assise sociale. En même temps, on se concentre sur le développement d'une économie qui offre une valeur ajoutée, de sorte que le Congo ne se contente plus de rester le fournisseur de matières premières de l'Occident.

L'actuelle politique de modernisation du gouvernement confère à Viva Salud bien des possibilités de travailler au droit à la santé. Mais, en ce moment, les résultats de cette politique sont à peine visibles dans les quartiers populaires. Il y a un manque d'attention de la part des autorités pour ces quartiers appauvris. La population y a un accès des plus limités aux soins de santé et elle est confrontée à l'érosion de la voirie et des terres cultivables. Cela a un effet particulièrement négatif sur les conditions de vie et donc, sur la santé de la population aussi.

L'eau en est un exemple pertinent. Seuls les habitants des centres urbains et des quartiers plus aisés ont suffisamment accès à l'eau. La situation dans la périphérie des grandes villes est comparable à celle des campagnes. Dans le quartier de Mfumu Nsuka, à Kinshasa, il n'y a de l'eau courante qu'entre 1 et 3 heures du matin. Au Kivu, le problème est encore plus angoissant en raison de la situation sécuritaire.
Cette négligence et le manque d'attention pour l'hygiène créent un autre problème encore dans les quartiers populaires. L'eau polluée peut propager toutes sortes de maladies, dont le choléra. Grâce à l'amélioration des conditions hygiéniques, cette maladie ne se présente quasiment plus chez nous. Mais chaque jour, dans les quartiers populaires des villes congolaises, cette maladie provoque des décès.


 

Que fait Viva Salud au Congo?

Souvent, la différence de conditions de vie entre la ville et la campagne ou au sein des grandes villes peut s'expliquer par une différence de poids politique. Pour les problèmes des paysans congolais pauvres et des quartiers populaires laissés pour compte, le gouvernement n'a aucune attention.

La population congolaise a pourtant droit à l'eau potable, à des emplois aux conditions de travail saines, à un revenu suffisant pour acheter sa nourriture de base et se loger décemment. La responsabilité, ici, incombe à l'État. Quand l’État n'agit pas, c'est un tort injuste que l'on occasionne à ces gens.

Nous travaillons avec deux organisations partenaires à la mise sur pied d'un mouvement solide autour du droit à la santé. La participation, grâce à laquelle peuvent se faire entendre des gens qui actuellement n'ont pas voix au chapitre, est un facteur indispensable dans l'amélioration des conditions de vie et de la santé. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) le dit aussi : « Quand les gens peuvent participer eux-mêmes à la politique, leur santé s'améliore. »

Le contre-pouvoir du peuple doit être renforcé, de sorte que les habitants des quartiers populaires eux aussi puissent peser sur la politique de santé. Pour mettre sur pied un tel contre-pouvoir et le renforcer, des organisations fortes et compétentes sont nécessaires pouvant inspirer et coordonner une importante mobilisation.

C'est pourquoi Viva Salud œuvre surtout au renforcement des capacités de ses organisations partenaires, de façon à ce qu'elles puissent mobiliser leurs structures de base autour de campagnes nationales et qu'elles puissent coordonner ensemble une mobilisation de cette importance. Les organisations partenaires doivent également pouvoir proposer une bonne information et une bonne analyse susceptibles d'étayer et d'expliciter les revendications de la population. Cette analyse, ils la font reposer sur leur travail de fond, à la rencontre des besoins de la population.


 

Qui sont nos partenaires ?

En République Démocratique du Congo, nous travaillons avec l'ONG Étoile du Sud (EDS) et le Collectif de développement intégré au Congo (CODIC).

  • EDS est une ONG qui encadre un réseau de comités de santé dans diverses provinces congolaises.

  • CODIC est une plate-forme au sein de laquelle les organisations s'occupant de développement peuvent échanger leurs expériences. C'est un réseau de 750 organisations, actif dans 5 provinces du Congo.


 

Comment pouvez-vous nous aider?

Grâce à votre soutien financier, nous pouvons aider nos partenaires congolais à concrétiser leurs projets.

Vous pouvez faire un don unique ou vous pouvez également les soutenir structurellement via un  don mensuel.

80 euros est le salaire mensuel du coordinateur de notre partenaire congolais. En payant ce seul salaire, nous atteignons quelques 12.000 personnes dans les quartiers populaires de Kinshasa. Le coordinateur forme la population et les moniteurs de quartier à propos de mesures préventives variées et il participe à la mise sur pied d'actions de quartier, comme la collecte des ordures ménagères par exemple.

Les actions de nos partenaires montrent qu'un véritable mouvement par et pour la population peut donner des résultats. Viva Salud les soutient de manière à ce qu'ils puissent élargir leur champ de travail. Ils ont besoin de matériel tels que banderoles, bottes en caoutchouc et vêtements spéciaux, mais ils ont également besoin d'une formation spécialisée en communication pour les aider à attirer plus de monde et gérer des actions plus importantes. La mise en place d'un mouvement pour la santé ne peut s'improviser.

Les dons de 40 euros ou plus par an donnent droit à une attestation fiscale.

Vous souhaitez vous engager auprès de Congolais et vous impliquer activement pour garantir leur droit à la santé ? Dans ce cas, vous pouvez devenir membre du mouvement social intal, qui organise souvent des actions de solidarité avec le Congo.

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