16/05/14

Arrêtons le TTIP, pas les manifestants

285 manifestants pacifiques, parmi lesquels des collègues de M3M, ont été arrêtés et enfermés durant 7 heures le 15 mai dernier au cours d’une manifestation pacifique contre le Sommet Européen des Affaires qui se tenait à Bruxelles.
Vous pouvez couper toutes les fleurs, mais vous n'arrêterez jamais le printemps

Répression contre les manifestants

Le 15 mai, un groupe de 500 personnes - syndicalistes, étudiants, citoyens, agriculteurs, candidats aux élections européennes et ONG - a été interrompu dans sa marche pacifique contre le Sommet Européen des Affaires par des forces de police intimidantes. Il se déroulait au Palais d’Egmont, là où y était aussi discuté le Traité de Libre-échange Transatlantique ('TTIP' ou 'TAFTA').
 
Il était pourtant légitime que les manifestants viennent exprimer leur mécontentement par rapport aux négociations antidémocratiques relatives au Traité Commercial Transatlantique. Leur contenu est certes un secret de polichinelle, mais l’organisation BusinessEurope reçoit le droit d'y accéder et d'y participer.

 

Quels sont les objectifs du TTIP?

L’accord entre les USA et l’Union européenne devrait englober 40 % du commerce mondial et former un bloc commercial contre les pays émergents (Brésil, Chine, Russie, Afrique du Sud et Inde). Un fonctionnaire de la Commission européenne déclarait récemment au cours d’un séminaire: « Nous devons uniformiser les règles européennes et américaines au moyen du TTIP. Si nous ne le faisons pas, nous ne pourrons jamais imposer nos règles au reste du monde. Ce n'est donc pas grave si les normes sont un peu plus basses que ce que nous voudrions. » (traduit de l’anglais).
 
Le Traité Transatlantique comprend des clauses légales antidémocratiques selon lesquelles les investisseurs peuvent poursuivre des États lorsque ceux-ci adoptent des règles sociales et environnementales pouvant entraver les bénéfices anticipés. Des accords existants en matière de commerce et d’investissement ont déjà montré leurs effets négatifs sur la qualité du travail, la santé et l’environnement. De manière générale, les conditions de vie de la population ne se sont jamais améliorées avec l’application de tels accords. Au contraire. Ces accords servent 1 % de la population - les ultra-riches - contre 99 %, soit tous les autres, dont nous faisons partie.

 

Que faire ?

La foi en la démocratie qui animait les participants de cette manifestation a été sérieusement ébranlée. Des personnes de tous âges, des étudiants, des syndicalistes, des journalistes, des ONG, des candidats aux élections ont dû faire face à une intervention policière musclée, comprenant l’utilisation du canon à eau, de gaz lacrymogènes et des arrestations massives. À notre grand étonnement, nous nous sommes rendu compte que la police protégeait les multinationales, pas les citoyens.

Une de nos collègues s’est retrouvée dans une cellule avec 25 femmes innocentes, jeunes et âgées, parmi lesquelles des syndicalistes de la CNE et de la CSC, des étudiantes en période d’examen, une journaliste et une mère dont le fils aîné se trouvait dans une autre cellule avec les hommes. Elle n’a pas pu aller chercher son fils cadet à l’école (ni l’appeler, car elles ont dû remettre leurs téléphones). Sur le mur était inscrite la citation de Pablo Neruda : « Vous pouvez couper toutes les fleurs, mais vous n'arrêterez jamais le printemps ». Tout le monde était d’accord là-dessus ! Après cette intimidation, chacun reste plus que jamais motivé à ne pas abandonner. A la prochaine manifestation pacifique pour une Europe des citoyens, et pas des multinationales!
 

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