20/12/13

Aux Philippines le combat continue

Alors que ça fait plus d'un mois que le typhon Haiyan a frappé les Philippines de plein fouet, l'urgence est loin d'être passée.
Je savais que la situation était atroce, mais ce que j'ai vu dépasse ce que nous pouvions imaginer...

Les volontaires et le staff des partenaires de M3M ont entre-temps organisé 4 grandes missions de soutien. La première s'est déroulée dans les villages reculés de l'Est de Samar, la deuxième à Roxas (Capiz), la troisième dans le Nord de Leyte et la quatrième dans l'Ouest de Leyte. Nos partenaires se trouvent ainsi au centre des régions les plus touchées par le typhon.

Des missions d'aide locales

A chaque mission, la mobilisation est énorme. Pas uniquement de la part de la communauté internationale, mais aussi du côté de la population locale non touchée qui participe à la récolte des vivres et qui tente de récolter des fonds dans les rues des grandes villes. Nos partenaires distribuent notamment de la nourriture, de l'eau et des biens de première nécessité. Ils organisent des consultations médicales. Les problèmes les plus fréquents sont la diarrhée et les blessures. La première est due à la contamination de l'approvisionnement en eau, tandis que les blessures s'expliquent plus directement par le typhon et les problèmes et risques liés à la reconstruction. Nos partenaires prévoient également un encadrement psychologique, les traumatismes étant énormes pour des gens qui ont du jour au lendemain tout perdu. "Et tant que les débris ne seront pas nettoyés", nous raconte une des participantes, "le choc psychologique ne pourra pas s'estomper".

En revenant de la mission dans l'Est de Samar, une collègue philippine me dit "Je savais que la situation était atroce, mais ce que j'ai vu dépasse ce que nous pouvions imaginer..." Plus d'un mois après le désastre la population se trouve toujours dans des centres d'évacuation. Les gens n'ont plus rien, le système économique est anéanti.

Lors de la mission d'urgence à Roxas, les membres de notre partenaire Gabriela, une organisation de femmes locale, se sont confiées à notre staff en lui disant que la situation était très difficile. Elles étaient néanmoins heureuses de pouvoir faire quelque chose, parce que, disaient-elles, sans notre présence la situation de la population serait clairement plus dramatique encore.

Pas tous du même côté

Mais un désastre ne vient jamais seul. A Capiz, à Samar et à Leyte, nos partenaires nous confirment que le gouvernement empêche certaines familles de reconstruire leurs maisons au même endroit. L'argument officiel invoqué est celui de la sécurité, il s'agirait d'endroits désormais trop dangereux pour y vivre. Néanmoins le désarroi de la population est grand. D'une part, des communautés de pêcheurs par exemple sont envoyées loin de leurs sources de revenus et risquent donc de tomber dans la pauvreté et la famine. D'autre part, des rumeurs persistants parmi les habitants disent que le gouvernement voudrait accaparer leurs terres afin de permettre à des promoteurs immobiliers d'y édifier de grands hôtels à la place des petites habitations.

Pour la coordinatrice du Council for Health and Development (CHD), les problèmes économiques et sociaux apportés par le typhon ne vont donc faire qu'empirer la situation des plus défavorisés. Et elle a bien peur qu'il n'y ait pas de volonté de régler ces problèmes de la part du gouvernement. Pour cette raison, toutes celles et tous ceux qui ont déjà mobilisé leur réseau, leur lieu de travail, leurs capacités artistiques et culinaires en Belgique pour venir en aide à nos partenaires sont chaleureusement remerciés pour leur soutien.

 

Vous pouvez continuer à soutenir les efforts de nos partenaires, tant leurs efforts d'aide d'urgence, encore tellement nécessaire, que leurs efforts politiques pour permettre à des centaines de familles de pouvoir reconstruire leurs maisons sur leurs terres. Merci de faire un don au fonds d’urgence de Médecine pour le Tiers Monde au n° de compte BE15 0010 4517 8030  (BIC: GEBABEBB) avec la mention « don fonds d’urgence ». Vous pouvez aussi faire un don en ligne.

 

Vous pouvez trouver tous les articles sur le typhon Haiyan ici.

 

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