19/12/12

Conférence à Doha pour le climat : un rendez-vous manqué

La Conférence des Nations-Unies à Doha s'est achevée sur un échec.

La 18e Conférence des Nations-Unies pour le climat à Doha s'est achevée sur un échec. Elle a clôturé ses travaux sur des réductions d'émissions de CO2 à court terme plus qu'insuffisantes et n'a pas trouver d'engagement financier concret. Ce qui choque encore plus c'est que les préoccupations sociales étaient absentes de l'agenda. Ibon, partenaire de M3M, a fait part de son mécontentement face aux décisions prises et appelle le peuple à déployer tous ses efforts pour organiser et mobiliser les gens.

Échec pour la conférence

 
La conférence n'est parvenue qu'à garder le Protocole de Kyoto en vie. La deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto, le seul traité multilatéral juridiquement contraignant sur les émissions, a été étendu à huit ans, jusqu'en 2020. Il appelle également les pays du Protocole de Kyoto à revoir leur objectif de réduction des émissions de CO2 vers 25-40% d'ici à 2014 au plus tard. Cependant, la Russie, le Canada et le Japon ont décidé de se retirer du processus de Kyoto, rejoignant ainsi les États-Unis, plus gros émetteur des pays industrialisés, qui n’y ont jamais adhéré. Au sujet du financement, les pays développés n'ont pas réussi à fournir le financement immédiat nécessaire et requis en fonction de leur responsabilité historique dans les changements climatiques. Des décisions importantes ont été remises à 2013 et aucun engagement n'a été pris sur la façon dont les 100 milliards de dollars promis par an seront fournis d'ici à 2020.
 
La conférence a également établi un nouveau programme de travail pour les mécanismes de marché afin d'étendre et d'élargir lesdits mécanismes de flexibilité. Il permet en réalité aux pays développés de faire en sorte de respecter leurs objectifs de réduction des émissions de CO2 grâce aux marchés du carbone et de compensation de CO2 tout en donnant aux banquiers et aux traders de nouvelles opportunités pour faire du profits à partir de nouveaux instruments financiers.
 
Le seul résultat significatif à Doha est la reconnaissance des pertes et des dommages subis par les pays en développement occasionnés par les changements climatiques et la possibilité d'une aide et de prêts de la part des pays développés. Mais il y a un manque de clarté quant à l'endroit d'où proviendront ces fonds et comment ils seront déboursés.
 
Toutes les décisions difficiles qui devaient être prises pour «élever l'ambition et l'action sur le changement climatique" ont essentiellement été reportées à 2015 ou au-delà (l'implémentation ne se fera qu'en 2020). En d'autres termes, le monde a été bloqué dans une autre décennie d'inaction officielle face à une urgence planétaire.

Attendre, encore et encore

 
Ces résultats sont loin d'être ceux que les scientifiques du climat exigeaient et que la justice sociale demandait.
 
L'accord conclu à Doha n'est pas assez pour sauver la vie de millions de personnes dans les pays du Sud. Les pays développés se sont juste engagés à sensiblement réduire leurs émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990. Par exemple, l'Australie s'est engagé à réduire ses émission de 0,5 % par rapport à ses niveaux de 1990, ce qui est plus qu'insuffisant. Les États-Unis ont déclaré qu'ils réduiront pour 2020 leurs émissions de 7 % par rapport à 2005, ce qui correspond à une réduction de 3 à 4 % par rapport aux niveaux de 1990. Cet engagement n'est toutefois pas juridiquement contraignant étant donné que les États-Unis sont en dehors du Protocole de Kyoto.

Avec seulement 36 pays qui se sont engagés pour la deuxième période, le Protocole de Kyoto ne représente plus que 15 % des émissions mondiales. A ce niveau, on est certain de connaître une hausse de la température de 4 °C, ce qui réduirait les rendements de riz et de maïs de près de la moitié, ce qui engendrerait une famine massive.
 
Comme dit le CNCD, il faudra attendre la conférence de 2015 à Paris pour l’adoption d’un accord international pour le climat. Il faudra attendre 2020 pour son entrée en vigueur. Il faudra attendre, tel est le message des pays industrialisés et des grands pays émergents aux pays qui subissent les caprices du climat. Pourtant, les dirigeants négocient nos vies et nous ne leur avons pas donné le mandat de postposer les décisions vitales simplement parce que les intérêt économiques priment sur les intérêts sociaux et environnementaux.

Mobiliser le peuple

 
Étant donné l'aggravation des impacts du changement climatique, les citoyens doivent continuer à pousser leurs gouvernements à respecter, protéger et réaliser le droit à la vie. Nous devrions exiger des recours pour violation de nos droits. Nous devrions utiliser tous les moyens disponibles pour réclamer une justice climatique pour nos collectivités et nos concitoyens tant à l'échelle nationale qu'internationale.
 
Le Mouvement des Peuples sur le Changement Climatique (PMCC) a établi le "Protocole des Peuples sur le Changement Climatique" qui se base sur quatre principes: la justice sociale (en reconnaissant les racines systémiques de la crise), la souveraineté des peuples (sur les ressources et les institutions), le respect de l'environnement (rejet des mécanismes de marché), et la responsabilité (responsabilité commune mais différenciée).

Nous ne pouvons pas uniquement compter sur les dirigeants du monde qui ont une nouvelle fois démontré leur mépris pour les intérêts de la grande majorité de la population mondiale, ainsi que pour les générations futures. Les mouvements sociaux, la société civile et les communautés du Nord et du Sud doivent déployer leurs efforts pour organiser et mobiliser les gens, résister aux fausses solutions, résister aux opérations des grandes entreprises qui contribuent au changement climatique, construire des systèmes alternatifs et mettre le monde sur la voie de la durabilité.

- Mécanisme qui doivent permettre aux Parties d’atteindre leurs objectifs de réduction d’une manière économiquement aussi avantageuse que possible. Ces mécanismes permettent en effet aux Parties de dépasser leur quota autorisé et de compenser ce manquement en échangeant des droits d’émissions attribués avec d’autres

- People's Mouvement on climate change

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