24/06/11

Crise sanitaire à Gaza

'Belgium to Gaza' navigue avec la flotte de solidarité

L’embargo israélien continue à perturber sérieusement les conditions de vie des 1,7 millions d’habitants de la bande de Gaza. Le secteur de la santé est sérieusement touché, avec toutes les conséquences que cela peut engendrer à la population palestinienne. La réouverture partielle de la frontière égyptienne de Rafah n’y change pas grand chose.

 

L’ouverture de Rafah n’en est pas une. Elle n’est pas permanente. Pour les hommes entre 18 et 45 ans, il y a des tas de restrictions et il existe une longue liste noire de personnes qui n’ont pas d'accès du tout. Une vieille dame raconte : “Ils se moquent de nous au poste frontière. Je m'y suis rendue quatre jours d'affilée. Je dois quitter Gaza pour des raisons médicales, j’ai une maladie du cœur. Chaque jour je paie mon transport, ce qui me coûte 50 shekels. Mais je continue à venir jusqu’à ce que l’on me laisse passer.” Une limitation sur l’importation de nourriture, de médicaments et de marchandises reste de rigueur.

Un article dans le Palestine Telegraph décrit l’effet de l’embargo israélien sur le secteur de la santé à Gaza. Le manque de médicaments et de matériel médical ainsi que l’offre des services médicaux a diminué. Les listes d’attente pour des interventions chirurgicales urgentes, deviennent de plus en plus longues. Selon des chiffres du Ministère de la Santé à Gaza, 187 types de médicaments et 190 sortes de matériel médical ne sont plus disponibles. Les provisions médicales ont diminuées de moitié. Les plus touchés sont les patients qui souffrent de cancer, de maladies rénales, d'affections cardiaques, de problèmes aux yeux et au système nerveux ainsi que de désordres psychologiques.

Que signifie cela pour le Palestinien moyen à Gaza? Anwar Nahid, 18 ans, souffre de diabète. Mais les seringues d’insuline ne sont pas toujours disponibles et cela mène à des complications, tels qu’une vue trouble. “Cela fait maintenant 5 ans que je souffre de cette maladie, raconte Anwar. Mon père est chômeur, et nous sommes huit enfants à la maison. Il est souvent difficile de trouver les médicaments dont j’ai besoin. Et lorsqu’il y en a, ils sont très chers. Mes médecins me disent aussi que je dois suivre un régime spécial. Mais je ne peux pas me permettre de manger beaucoup de fruits et de légumes car ils sont trop chers. J’espère que mon père retrouvera rapidement du travail, afin qu’on puisse payer mes médicaments.”

Flotte de solidarité vers Gaza

Durant les quatre années de l’embargo israélien, c’était bien souvent des convois d’aides internationales qui pouvaient venir soulager la population. En avril, le gouvernement norvégien envoyait deux médecins afin d’examiner la situation. Le journal médical renommé ‘The Lancet’ a rendu compte du travail de suivi de Tone Hegna et Åse Vikanes, concernant le transport de 200 palettes de réserves médicales depuis Ramallah (sur la rive Ouest du Jourdain) vers Gaza. Les médecins ont constaté que les mauvaises conditions d’approvisionnement s’étaient encore aggravées du fait du manque de facilités de stockage et de transport.

Afin de clouer Israël au pilori concernant l’embargo criminel de Gaza, et pour dénoncer le transport difficile des marchandises de secours par voie maritime, fin juin, une flotte internationale de solidarité naviguera vers Gaza. Il s’agira de 12 bateaux avec 1000 passagers, venant de 24 pays. La plateforme 'Belgium to Gaza', dont Intal fait partie, envoie une délégation avec le bateau 'Tahrir', qu’ils partagent avec des Danois, des Australiens et des Canadiens. Dr. Guido Gorissen (Médecine du peuple – Hoboken), Josy Dubié (ancien sénateur), Yannick Vanonckelen (infirmière carolorégienne) et Asmaa Seba (photographe) forment l’équipe belge.

UPDATE:

En date du lundi 13 juin, ils envoyaient au ‘Center for Human Rights’ situé à Gaza une dépêche circulaire détaillée sur les manquements dans le secteur de la santé à Gaza. Vous pouvez la trouver ici.

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