13/12/11

Di Rupo: 3 ans plus longtemps en Afghanistan, 600 millions d'euros en moins pour le Sud

On ne dit ni n’écrit grand-chose à ce propos mais même la politique en matière de défense et d’aide au développement du nouveau gouvernement réserve quelques surprises peu agréables.

Pieter De Crem, l’ancien et nouveau ministre de la Défense, a dit au roi lors de sa prestation de serment que « la Belgique était un partenaire fiable ». Partenaire de qui, il ne l’a pas dit, vu que c’était tellement évident : partenaire des États-Unis si aimés de De Crem, bien sûr, dans le cadre de l’Otan tout aussi bien-aimé…

D’après la déclaration gouvernementale, « Crembo » peut poursuivre son chemin dans « l’ambition globale de notre armée de s’engager dans des opérations à l’étranger, sous les auspices de l’ONU, de l’Union européenne et de l’Otan ». Une approbation parlementaire des interventions militaires à l’étranger reste également superflue, sous Di Rupo : le Parlement sera seulement « informé et impliqué dans le suivi ». Le gouvernement décide déjà que les troupes belges resteront encore trois ans au moins en Afghanistan, avec « un retrait définitif au plus tard en 2014 », mais « sans exclure par la suite une présence sur place pour appuyer la reconstruction ».

 

 

Le nouveau gouvernement épargne à peine 15 millions d’euros sur la défense, en 2012 (qui se mueront en 25 millions en 2013 et en 35 millions en 2014 – soit 75 millions en trois ans), alors que la guerre en Afghanistan coûte actuellement au moins 109 millions d’euros par an. La coordination francophone pour la paix CNAPD propose « d’épargner sur cette campagne meurtrière et contre-productive » et exige que « la Belgique mettent un terme à sa collaboration actuelle et si possible future à des opérations militaires » ”.1

 

L’organisation Pax Christi Flandre constate que, dans la déclaration gouvernementale, figure malgré tout une vague déclaration d’intention à propos du désarmement nucléaire, mais que tout engagement clair vers le retrait des armes nucléaires américaines à Kleine Brogel en est absent. Çà et là, d’ailleurs, d’autres économies sur la défense sont possible, estime la CNAPD. « Faisons des économies sur le coût exorbitant de l’entretien (et, d’ici peu, sur le maintien à jour) des armes nucléaires stockées en Belgique ! Faisons des économies sur le futur bouclier anti-missiles que l’Otan est occupé à installer en Europe. »2

L’aide au développement : moins 10 %

0,7 % du revenu national brut, tel est depuis 2010 l’objectif légalement fixé pour le budget de la coopération au développement. En 2010 et 2011, il n’a déjà pas été atteint et, sous Di Rupo, on en sera encore loin : il impose en effet un gel des moyens financiers à l’aide au développement. Cela signifie, en 2012 et 2013, 145 millions d’euros de dépenses en moins pour le Sud et au moins 310 millions d’euros en 2014, pour une économie totale de 600 millions d’euros3.Di Rupo rogne donc huit fois plus dans l’aide au développement que dans les dépenses militaires !
Selon le CNCD/Opération 11.11.11, l’augmentation des crédits en 2012 et 2013 entraînera pour la même période une baisse de 10 % de l’aide belge au développement”4. 11.11.11, la coupole du mouvement Nord-Sud flamand, constate sèchement que le gouvernement « n’applique pas la loi » et parle « d’une très réelle économie, une fois de plus, au détriment des plus pauvres de ce monde ».”5
 

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