28/09/18

Encore une formation sur la participation communautaire ?!

Les 22 et 23 septembre, nos partenaires palestiniens ont pris part à un formation de formateurs (FdF) qui visait à renforcer leurs capacités à s'engager avec leurs communautés dans la lutte pour le droit à la santé .C'est notre collègue Chiara Bodini qui s'est chargée de faciliter la formation
La plupart des étrangers viennent nous imposer leurs idées. Cette formation a été différente, je n'ai pas eu l'impression qu'on nous disait ce que nous devions faire, nous étions tous ensemble en solidarité

'Comment vous enseignez' est tout aussi important que 'ce que vous enseignez'

“Au début, je pensais que nous n'avions pas besoin de parler encore une fois de participation et de communauté parce que ces concepts nous sont familiers”, a dit une des participantes plus âgées. “Pourtant”, a-t-elle poursuivi, “j'ai vite réalisé que derrière ces concepts, il y a tout un monde et que la formation me mettait au défi d'aller plus loin dans mes conceptions et dans ma pratique.”

Nous savons qu'il y a plus à gagner d'une expérience lorsque les participant.e.s sont davantage impliqués dans le processus d'apprentissage. Et donc, la FdF (Formation de Formateurs) a été conçue pour être une expérience d'apprentissage en coopération, basée sur cinq points clés :

  1. Apprendre est un processus actif, constructif.
  2. Apprendre dépend de la richesse des contextes.
  3. Les apprenants sont divers.
  4. Apprendre est intrinsèquement social.
  5. Apprendre a des dimensions affectives et subjectives.

La FdF a été mise sur pied par nos organisations partenaires après qu'elles aient été informées de notre livre “Bâtir un mouvement pour la santé”, une collaboration entre Viva Salud et PHM (People's Health Movement, Mouvement populaire pour la santé). Depuis l'idée première jusqu'à sa concrétisation, tout le processus a été porté en partenariat, afin de définir les objectifs, la méthodologie et un calendrier répondant aux besoins des participant.e.s. En particulier, le besoin d'être plus fort dans les approches qui permettent d'amplifier la voix et la force des communautés par rapport à leurs problèmes de santé.

Aller en profondeur
Les participants ont eu l'occasion de faire l'expérience directe de méthodologies participatives qui sont utilisées pour aider les communautés à définir leurs besoins et leurs priorités, à comprendre les causes de leurs problèmes et à définir leurs stratégies d'action (tant l'action directe qu'établir des revendications politiques).

“Le diagramme en arbre pour analyser les causes profondes d'une mauvaise santé m'a beaucoup aidé à voir qu'il y a différentes portes d'entrée pour s'attaquer à un problème”, a déclaré un jeune participant.

Les participant.e.s ont eu également l'occasion de réfléchir à leurs propres conceptions, à travers des exercices qui ont aidé à mettre en lumière des problèmes cachés tels que la question du pouvoir et des privilèges.

Le rôle des ONG
Les participants en sont arrivés à mener une réflexion critique sur le rôle et le potentiel des ONG quant à leur contribution aux changements sociaux. Des problèmes tels que des politiques de division, des approches basées uniquement sur les dons, l'aliénation des travailleurs des ONG par rapport aux populations, sapent la confiance et la légitimité que ces organisations et leurs collaborateurs peuvent avoir au sein de la communauté. La plupart des participants étaient d'accord qu'il est possible d'agir en dépit de ces contraintes mais qu'un engagement et un dévouement durables leur sont nécessaires pour être crédibles et efficaces.

Comme l'a dit un des participants, “il nous faut comprendre notre environnement et ses contraintes, nous devons être conscients du programme des ONG et nous demander ce que les ONG peuvent faire pour renforcer les mouvements sociaux.” La prise de conscience et l'auto-réflexion ont été identifiées comme des outils importants pour comprendre nos prises de position, ce qui nous motive et quelles sont nos limites.

La solidarité comme moteur du changement
“La plupart des étrangers viennent nous imposer leurs idées. Cette formation a été différente, je n'ai pas eu l'impression qu'on nous disait ce que nous devions faire, nous étions tous ensemble en solidarité.”

Pour le PHM (Mouvement Populaire pour la Santé), il s'agit de pouvoir connecter les gens à travers des liens d'aide mutuelle parce que nombre de problèmes que nous rencontrons dans différents pays et contextes sont causés par des processus similaires d'exploitation et de distribution inégale du pouvoir et des ressources. PHM se préoccupe également de renforcer mutuellement la confiance que nous avons de pouvoir changer les choses si nous agissons collectivement. Comme l'a remarqué un des participants, “Nous devons croire davantage en nos peuples et en nos propres capacités et nous devons porter cette conviction dans nos communautés”.Nous ne pouvons mobiliser d'autres personnes si au plus profond de nous, nous ne sommes pas convaincus qu'ensemble, nous pouvons faire la différence.

Sources

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