31/07/14

Gaza: lutter pour soigner

Dans l’hôpital Al Awda à Gaza, la situation devient de plus en plus difficile. Dans tout le nord de la bande de Gaza, c’est l’unique hôpital avec une maternité. Le nombre de blessés augmente et chacun y est soigné gratuitement. Ceci met une pression de plus en plus grande sur l’hôpital.

Aujourd’hui, nous avions à nouveau contact téléphonique avec Jehan, collaboratrice de notre organisation partenaire Union of Health Work Committees (UHWC), et qui nous tient au courant de l’évolution de la situation dans l’hôpital Al Awda.

Pas de courant, carburant très cher

Hier, il y a eu une interruption du courant de 28 heures, suivie d’une heure de courant et ensuite une nouvelle interruption.
C’est surtout dans la salle d’opération qu’ il faut constamment de l’électricité pour pouvoir suivre un patient, pour l’oxygène et pour l’appareillage médical. L’hôpital Al Awda dispose d’un générateur pour pouvoir continuer à travailler lors des coupures de courant. Mais ce générateur consomme plus de 20 litres de carburant par heure.

Le carburant est acheté dans une station d’essence locale. Avant la guerre, le carburant était livré via l’Egypte, mais avec la destruction des tunnels ce passage est complètement barré. Le carburant ne peut arriver dans la bande de Gaza que via Israël. Du coup, le prix a doublé. Les soins de santé sont prioritaires pour l’accès au carburant. Mais cela reste difficile de payer cette note salée.

Des médicaments à crédit

Il y a un grand manque de médicaments, le stock de certains médicaments étant complètement épuisé. L’hôpital Al Awda s’était pourtant préparé à des conditions difficiles. Une réserve de médicaments avait été prévue en cas de problème d’approvisionnement. Mais cette réserve est entre-temps aussi pratiquement épuisée.

Via différents fournisseurs locaux à Gaza, l’hôpital essaye de compléter son stock de médicaments essentiels. Mais les banques sont fermées ce qui fait que l’hôpital ne peut pas payer les fournisseurs. Grâce aux bonnes relations avec ses fournisseurs, ils ont obtenu un délai de paiement. Lorsque la situation sera stabilisée et que les banques seront à nouveau ouvertes, la facture qu’ils auront à payer sera énorme.

Ces fournisseurs peuvent compléter leurs stocks via l’aide d’organisations internationales comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA). Mais eux aussi payent ces médicaments  et ne reçoivent pas toujours à temps les médicaments nécessaires.

La clinique a déjà envoyé deux appels pour une aide d’urgence aux organisations d’aide internationales. Ils espèrent ainsi pouvoir payer leurs dettes lors de la réouverture des banques.

Travailler sans salaire

Entre-temps, les médecins et infirmiers de l’hôpital continuent à travailler sans salaire. Cette situation n’est d’ailleurs pas nouvelle pour eux. Cela fait déjà deux ans qu’ils ne reçoivent leur salaire que tous les deux ou trois mois. Ils n’ont plus rien touché depuis deux mois. Mais ils sont convaincus du rôle de leur organisation et continuent à se dévouer jour et nuit pour procurer les soins nécessaires. Ceci ne vaut d’ailleurs pas seulement pour le personnel médical, les fonctions publiques aussi sont privées de salaire depuis trois mois.

Des attaques qui ciblent les centres médicaux et les civils

Aucun endroit à Gaza n’est sûr. Il est maintenant clair qu’Israël vise aussi des centres médicaux et les soignants.  Il y a quelques jours, l’hôpital Al Aqsa a été attaqué, au centre de la bande de Gaza. Il y avait énormément de blessés, aussi au sein du personnel médical. Deux hôpitaux publics aussi ont été bombardés, l’un dans le Nord et l’autre dans le Sud de la bande de Gaza. Les attaques font beaucoup de dégâts et causent une saturation des hôpitaux qui sont encore opérationnels.

On conseille aux Palestiniens de quitter la zone tampon (le nord et l’est de la bande de Gaza), mais où aller? Il y a des milliers de refugiés. Ces gens doivent survivre dans des conditions terribles. Souvent les familles des patients les accompagnent à l’hôpital pour trouver un refuge, ou ils vont dans les écoles de l’UNRWA  (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees). Mais ces endroits ne sont pas épargnés non plus. Israël sait que ces bâtiments sont utilisés comme refuge par les civils Palestiniens, et malgré tout ces écoles sont bombardées quand même.

Dans la zone tampon, la guerre sévit de la manière la plus inhumaine qui soit. Récemment à Beit-Hanoun, au nord de Gaza, une femme enceinte s’est faite tirer dessus à deux reprise. Une balle a touché sa poitrine, une autre s’est logée dans son bras. L’ambulance envoyée pour aider la femme a été arrêtée par l’armée israélienne. Pendant des heures, toute aide a été bloquée. Quand finalement l’ambulance a continué sans autorisation, on a leur tiré dessus.

La situation à Gaza est alarmante. La population palestinienne est doublement victime. Des civils innocents sont attaqués et tout est fait pour empêcher les services de santé de soigner les victimes.

Soutenez Gaza

M3M veut soutenir UHWC et l’hôpital Al-Awda en envoyant de l’argent pour l’achat de médicaments  et de carburant.

Vous pouvez soutenir le fonds d'urgence de Médecine pour le Tiers Monde (M3M) en faisant un don sur le numéro de compte BE15 0010 4517 8030 et en inscrivant «fonds d'urgence» dans la communication. Vous pouvez aussi faire un don en ligne. Avec une domiciliation mensuelle, vous donnez un caractère durable à votre soutien. Les dons de 40 euros ou plus par an donnent droit à une attestation fiscale. Informez-vous via notre site web et notre page Facebook sur les actions concrètes que nous soutenons.

 

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