07/02/12

La crise de l'eau, un péril pour l'humanité

Les conséquences du réchauffement climatique sur le cycle de l'eau et nos réserves d'eau douce mettent en péril la santé humaine à grande échelle.
Les conséquences du réchauffement climatique sur le cycle de l'eau et nos réserves d'eau douce mettent en péril la santé humaine à grande échelle. De plus en plus fréquentes, les inondations et les sécheresses provoquent des pollutions des réserves d'eau douce, en plus des accidents et des dégâts causés aux hommes, aux infrastructures et aux cultures.

 

Le réchauffement du climat est avant tout une question d'eau. Le cycle de l'eau est extrêmement complexe, délicat et imprévisible ; il forme un système, c'est-à-dire que si un élément subit un changement, d'autres éléments du système changeront aussi. Les conséquences précises, à moyen et à long terme, sont donc impossibles à prédire avec certitude. Ce qui est sûr, par contre, c'est que le réchauffement climatique transforme en profondeur le cycle de l'eau. Par exemple, la température des mers augmente, donc l'évaporation et les précipitations sont plus importantes ; le volume des  masses océaniques augmente aussi par dilatation thermique, ce qui élève le niveau des mers.

Les conséquences d'un réchauffement global sont, selon les régions : un excès d'eau, une pénurie d'eau, une pollution de l'eau douce la rendant impropre à la consommation.

Ces « stress hydriques » existent déjà en de nombreuses parties du globe et sont en grande partie provoqués par une mauvaise gestion de l'environnement (agriculture intensive moderne et déboisement), par l'urbanisation et l'explosion démographique dans certaines régions, et par l'industrialisation « sauvage » (sans contrôle de l'impact sur l'environnement). Le réchauffement climatique, qu'il soit d'origine naturelle ou anthropique, va accentuer le stress hydrique et celui-ci va toucher de plus en plus de personnes. Par exemple, depuis les années '80, le nombre d'inondations a été multiplié par six.

Les conséquences sur les populations humaines sont connues : crues, inondations et fortes pluies, sécheresses et canicules, recul des glaciers, scandales des pollutions chimiques et nucléaires...  D'après le GIEC : « La fréquence des épisodes de fortes précipitations (ou la partie des précipitations totales imputable à de fortes pluies) a augmenté dans la plupart des régions. Au niveau mondial, la superficie des terres considérées comme très sèches a plus que doublé depuis les années 1970. Le volume d’eau stocké dans les glaciers de montagne et la couverture neigeuse de l’hémisphère Nord a considérablement diminué. » (Rapport du GIEC : Le changement climatique et l'eau, p.5)

S'ajoute à ces calamités, la pollution aquatique due : à l'augmentation de la température de l'eau, aux crues, à l'élévation du niveau de la mer (salinisation des eaux souterraines) et aux sécheresses, avec des conséquences néfastes sur la santé publique, les écosystèmes, l'agriculture et les systèmes de distribution d'eau.

De plus, les humains utilisent de plus en plus d'eau douce. En cause, l'irrigation des cultures (90% de la consommation), mais aussi, la croissance démographique et l'augmentation de la consommation des produits de l'élevage, fort gourmands en eau. En effet, « depuis le début des années 60, la consommation de lait par habitant dans les pays en développement a presque doublé, la consommation de viande a plus que triplé et la consommation d'œufs a quintuplé. (...) La demande croissante de produits de l’élevage dans un certain nombre de pays en développement a été stimulée par la croissance économique, l’augmentation des revenus par habitant et l’urbanisation. » (voir le dossier de la FAO 'La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture', p. 11 - 2009, ainsi que le dossier intal 'La crise alimentaire')

L'humanité en danger

L'être humain adulte contient environ 60% d'eau et la santé humaine dépend directement d'un approvisionnement régulier en eau potable. La crise de l'eau est aussiune crise de l'homme. Le manque d'accès à l'eau propre (non contaminée par des matières fécales, des produits dangereux ou des parasites) est responsable de millions de morts chaque année, causées par des diarrhées (deux millions de décès par an, une majorité d'enfants), des parasites ou des problèmes d'hygiène.

Derrière ces faits, il ne faut pas oublier que l'accès à l'eau potable est conditionné par son prix. Depuis une quinzaine d'années, l'eau est devenue un « bien économique » pour les institutions internationales. Cela signifie que son prix est basé sur la récupération des coûts totaux permettant aux investisseurs un rendement financier. Or, les biens rares se vendent cher...

Les grandes organisations internationales, les entreprises multinationales et les gouvernements des pays riches ont imposé l'argument que la raréfaction de l'eau est inévitable. De fait, elle se raréfie à cause de la croissance de la population mondiale, du développement économique de type capitaliste et du réchauffement climatique ; mais est-ce vraiment inévitable ?

Avant tout, l'eau est rare à cause de la mauvaise gestion et de mauvais usages : « Il est important de rappeler avec force aux propagandistes de l’eau rare, et donc chère, et donc "or bleu", que la pénurie est le résultat de nos politiques de croissance économique prédatrice, de nos usages non durables, de notre incapacité de partager les biens communs et d’en assumer la co-responsabilité financière aussi, du mépris total des groupes sociaux dominants pour le droit à la vie des peuples, de tous les peuples. » (R. Petrella)

Après les sans-papiers, les sans-emploi, les sans-domicile-fixe, voici venu le temps des sans-eau-potable. Cela signifie, pour une grande partie de l'humanité, une atteinte fondamentale au droit à la santé.

Photo by International Rivers, Flickr, CC BY-NC-SA 2.0

 

 

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