07/11/13

Les jeunes Palestiniens prennent fait et cause contre la colonisation

Le 29 octobre, des mots durs sont tombés au sein de l’Assemblée Générale des Nations Unies contre les entreprises qui sont complices de l’occupation illégale de la Palestine. Richard Falk, Rapporteur Spécial pour la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, a également dénoncé la banque belge Dexia.

Par l’intermédiaire de sa société soeur israélienne, celle-ci fournit des emprunts à des colonies illégales dans les territoires occupés. Selon Falk, la Belgique en tant qu’actionnaire principal de Dexia porte de toute façon une lourde responsabilité. Notre pays devrait supporter les frais de réparation dus à la population palestinienne lésée.

Presque au même moment que cette plainte ait été déposée au sein des Nations Unies, Israël approuvait la construction de centaines de nouvelles habitations dans les colonies illégales. Parmi celles-ci, on comptait une fois de plus de nouvelles habitations (800) dans Jérusalem-Est.

Tawasul, le réseau des jeunes de notre partenaire palestinien Health Work Committees (HWC) est actif dans Jérusalem-Est. Pour un certain nombre de ces jeunes, la colonisation n’est pas un fait d’actualité passager mais une dure réalité. Pour la construction de nouvelles habitations, les familles palestiniennes sont non seulement chassées de leurs maisons mais également contraintes de démolir elles-mêmes leur maison sous peine de devoir prendre à leur compte les frais de démolition. Dans Jérusalem-Est, il est quasiment impossible pour les Palestiniens d’obtenir un permis de bâtir, alors que la construction illégale d’habitations pour les Israéliens est, elle, approuvée avec une extrême rapidité. Cela fait partie de la politique israélienne de contraindre les Palestiniens à l’exil et de faire de Jérusalem-Est une entité juive.

Les expulsions sont des drames sociaux.

Pour les parents, c’est une véritable humiliation. Ils ne savent comment expliquer à leurs enfants qu’ils sont dans l’incapacité de les protéger.
C’est pourquoi, avec le concours de groupes locaux de jeunes, Tawasul organise des activités pour les enfants de façon à leur permettre … d’être des enfants. A côté de ça, les parents sont également impliqués autant que possible afin qu'ils soient conscients de l'importance de rester habiter à Jérusalem malgré les terribles conditions de vie qu’ils y subissent. Dans le « processus de paix », le sort des Palestiniens de Jérusalem-Est est constamment et systématiquement écarté de la table des négociations.

Un autre thème qui reste tabou dans le « processus de paix est le droit au retour pour les millions de réfugiés palestiniens qui séjournent principalement dans les pays voisins, mais aussi loin de là. Au cours des derniers mois, les jeunes de Jérusalem ont pris part à quelques activités au cours desquelles ils ont aidé à rénover des maisons situées dans des villages  d'Israël, dont leurs familles avaient été chassées en 1948. Par ces actions, ils s’instruisent sur leur histoire mais également sur leur situation actuelle. Ils comprennent mieux pourquoi eux-mêmes ainsi que leur famille ou leurs amis sont encore actuellement expulsés de leur maison à Jérusalem. Ils prennent mieux conscience de ce que les générations précédentes ont vécu et pourquoi il est important de travailler à l’union entre Palestiniens, à ne pas se laisser diviser par la politique d’occupation qui met en place des blocus, des checkpoints ou un mur qui les coupe physiquement les uns des autres.

Afin de rédiger son rapport, Richard Falk a utilisé des informations provenant de la plate-forme «  Palestine occupée, Dexia impliquée ».

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