25/01/13

Les privatisations nuisent à la santé

Lorsque l'État privatise les soins de santé, ce sont les groupes vulnérables qui en pâtissent le plus.

De la Colombie à la Chine, en passant par l'ex URSS, lorsque l'État privatise les soins de santé, la force motrice de ce système est la compétition et le profit qui agissent au détriment des pauvres. Les assurances sociales, les soins de santé et la couverture universelle de santé sont compromis. Les fonds pour les services d'hôpitaux diminuent et les couts administratifs augmentent. Ce sont les groupes vulnérables qui en pâtissent le plus et qui voient leur accès aux soins de santé diminuer.

Colombie : les retombées négatives de la Loi 100 sur la santé

Le nouveau système de santé colombien n'est pas capable de résoudre les problèmes d'accessibilité, d'équité et d'efficacité. En 2000, le PNUD a confirmé que 46% de la population n'avait pas de couverture de soins de santé ce qui équivaut à une augmentation de 4,6% depuis 1997. Avant 1993, le système de santé était divisé en trois secteurs : un secteur privé pour les patients qui pouvaient se le payer, un système de sécurité social obligatoire pour les travailleurs et employés et des services publics de soins de santé pour les pauvres. A la fin des années 80, 25% de la population n'avait aucune couverture de santé.
 
En 1993, avec la réforme de la « loi 100 », le rôle de l'État comme prestataire de soin de santé a été fortement diminué. Le nouveau système peut être scindé en deux. D'un côté, les « services individuels » (soins curatifs) qui sont largement privatisés. De l'autre, les « services collectifs » ( soins préventifs) qui sont entre les mains de l'État. Les assureurs et les prestataires publics et privés se font concurrence dans le même « marché de santé » régulé et luttent pour fournir des soins optimaux aux patients.
 
Certains ont vanté les bienfaits de ce système et il est vrai qu'à court terme, ce système à porter ses fruits. Les dépenses totales pour les soins de santé ont certes augmenté de 7% du GDP en 1990 à 10,5% en 1999, mais il semblerait que l'augmentation de ces couts aient augmenté les inégalités dans les soins de santé. Une importante part de cette somme va directement au profit de secteur privé et n'est pas réinvestie et une partie de l'argent public est dévié de ses objectifs sociaux.
 

Chine : l'État admet les effets néfastes de la privatisation

 
Entre 1952 et 1982, le gouvernement finançait et exploitait le système chinois des soins de santé. Les améliorations dans le secteur de la santé furent d'une grande avancée. La mortalité infantile avait diminué de 20 à 3,4 pour cent et l'espérance de vie avait presque doublé.
 
Dans les années 80, l'État a drastiquement privatisé le secteur de la santé ce qui a eu des conséquences désastreuses pour l'équité dans les soins de santé. En passant de la production collective à l’économie privée, l'État s’est désengagé de la sphère sociale et les inégalités se sont creusées entre régions côtières et provinces enclavées, villes et campagnes. Des services qui étaient avant gratuits sont maintenant facturés par des hôpitaux privés. Des assurances pour couvrir ces couts médicaux ont été mises en place. Cependant, 80% des pauvres qui habitent en zones rurales ne sont pas couverts. Dans ces endroits, la qualité et la quantité des soignants et des infrastructures de soins de santé sont insuffisants. La mortalité infantile y est trois fois plus élevée que dans les zones urbaines. La principale cause de paupérisation de ces régions est la maladie. Ce système de santé, basé sur le profit, est inéquitable et ne profite donc pas à l'ensemble de la nation.
 
Avec la crise du SRAS ( syndrome respiratoire aigu sévère)de 2003, le gouvernement s'est rendu compte de l'inefficacité du système de la santé. Il a annoncé vouloir jouer un rôle plus important dans le domaine de la santé en reprenant en main ses devoirs d'antan. Depuis 2006, la réforme du système de santé est en marche pour établir un système de soins médicaux de base et d’assurance médicale accessibles à tous.
 

URSS: la privatisation s'en prend à l'espérance de vie

La transition du socialisme au capitalisme en Europe au milieu des années 90 a mené à une privatisation de milliers d'entreprises « inefficaces » de la région soviétique. Cette privatisation a impliqué le licenciement d'énormément de personnes avant que des nouvelles entreprises aient pu être créées. Le chômage a principalement touché les travailleurs des entreprises intensives en capital.
 
L'augmentation du chômage a eu des conséquences désastreuses pour la santé. UNICEF parle de 3 millions de morts prématurées du fait de cette transition! Plus de quinze ans après celle-ci, seulement un peu plus de la moitié des pays ex-communistes ont retrouvé leur niveau d'espérance de vie.
 

Un phénomène amplifié dans les pays qui ont subi une transition capitaliste de choc non graduelle. Le taux de chômage y a augmenté de 60% comparé aux pays subissant une privatisation plus « graduelle ». Ce choc s'est caractérisé par : la libéralisation des prix et du commerce pour permettre aux marchés de réallouer leur ressources, la stabilisation des programmes pour supprimer l'inflation et la privatisation de masse des entreprises appartenant à l'État.

 

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