12/08/14

Les souffrances de Gaza

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai entendu à nouveau Jehan, qui travaille pour notre partenaire à Gaza, l'Union of Health Work Committees. Je lui demande comment elle va, elle me répond « encore vivante »... Je lui demande également comment vont ses proches. Après un blanc, elle me répond que tout le monde a été affecté. Je ne peux qu'imaginer son deuil...
Ce ne sont pas des exigences que nous avons, mais des droits que nous voulons voir respecter.

Leur hôpital « Al Awda » affiche complet... 600 blessés et 2.300 cas liés à la maternité, et ça, c'est seulement ce qui concerne les urgences. A côté de ça, il y a la vie normale d'un hôpital – qui est toujours mise de côté pour le moment. Elle me parle d'un enfant de 6 ans arrivé à l'hôpital il y a deux semaines. Toute sa famille avait été tuée. « Comment va vivre cet enfant? Il n'a que 6 ans... », déplore-t-elle. Le Ministère de la Santé de Gaza a déclaré que l'hôpital Al Awda était le seul dans la région à disposer d'un service de maternité. Il y a deux autres hôpitaux gouvernementaux dans le Nord de la bande de Gaza: un a été bombardé et l'autre ne peut pas offrir de service de maternité. L'afflux est donc énorme. Ses collègues et elle-même continuent de travailler, même s'ils n'ont plus reçu de salaire depuis longtemps. Ils se voient comme des travailleurs humanitaires, ils ne peuvent qu'aider leurs compatriotes.

Avec le cessez-le-feu, la population gazaouie tente de retrouver sa vie d'avant, d'aller travailler. Mais quand tout est détruit, cela rend les choses compliquées. Et la situation n'est pas stable, les négociations sont toujours en cours, les Gazaouis sont conscients que les bombardements peuvent reprendre à tout moment. Psychologiquement, c'est dur.

A côté de cette douleur et de ces difficultés à essayer de rependre le cours de sa vie, Jehan partage sa joie d'avoir vu tous ces élans de solidarité. Elle est fascinée par la force des réseaux sociaux et par les informations qu'ils peuvent lui amener de l'extérieur. Elle n'a eu de cesse de nous remercier pour toutes les actions de solidarité déjà organisées. Elle me dit que ça compte vraiment pour eux. Ca leur donne de l'espoir et ils ont l'impression que leur voix est enfin relayée et entendue.

Suite aux besoins criants de l'hôpital Al Awda, à côté de notre récolte de fonds destinée aux médicaments et à l'achat d'essence pour faire tourner leur générateur d'électricité, nous essayons d'envoyer un médecin sur place. L'autorisation est toujours en attente. Vous pouvez continuer à soutenir l'hôpital Al Awda en faisant un don sur le numéro de compte BE15 0010 4517 8030 et en inscrivant «fonds d'urgence» dans la communication. Vous pouvez aussi faire un don en ligne. Avec une domiciliation mensuelle, vous donnez un caractère durable à votre soutien. Les dons de 40 euros ou plus par an donnent droit à une attestation fiscale. Informez-vous via notre site web et notre page Facebook sur les actions concrètes que nous soutenons.

Plus sur ce sujet

09/12
Après le lancement de la campagne militaire menée par Israël contre la bande de Gaza début juillet 2014, M3M a décidé d'organiser une campagne de récolte de fonds à destination de notre partenair
23/10
Une conférence internationale de donateurs a promis de soutenir la reconstruction de Gaza, mais les organisations qui traitent de la santé à Gaza nous disent que les besoins sont énormes et urgents.
14/09
Élisabeth et Céline, les membres de l'équipe médicale que nous avons envoyée à Gaza, ont un programme chargé à réaliser avec notre partenaire local, l'Union of Health Work Committees (UHWC).
6010 views