22/09/16

L'hôpital Fabella : les partenaires philippins augmentent la pression sur le gouvernement

Début septembre, l'organisation des femmes Gabriela, partenaire de M3M, s'entretenait avec la ministre philippine de la Santé publique à propos des menaces de privatisation qui pèsent sur l'hôpital Fabella. Gabriela espère que, suite à sa visite à Cuba, la ministre aura modifié ses points de vue sur les plans de privatisation.
Nous voulons savoir où nous allons !

À Manille, l'une des maternités les plus accessibles est menacée de privatisation. L'hôpital doit faire place à un centre commercial. Depuis quelques mois déjà, nos partenaires mènent une campagne : ils s'opposent au fait que le droit à la santé du peuple cède la place au profit de quelques entreprises.

Vous avez soutenu la campagne en masse

En juin, nous avons partagé cet appel au secours de nos partenaires avec les donateurs et sympathisants de M3M. Vous avez alors offert 6 161 euros pour soutenir cette campagne. Depuis, nos partenaires ont augmenté la pression sur l'État. Début septembre, l'organisation des femmes Gabriela a été invitée chez la ministre de la Santé publique, Paulyn Jean Rosell-Ubial.

Gabriela réclame plus de clarté

Gabriela déplore surtout le manque de clarté qui règne autour de la fermeture de l'hôpital. « La fermeture partielle et le transfert non annoncé du matériel de l'hôpital vers divers entrepôts sèment la confusion parmi le personnel et les patients », explique Obeth Montes, coordinatrice de Gabriela. Les femmes sur le point d'accoucher et les jeunes mères ne savent plus où aller. La plupart des femmes pauvres de Manille et des provinces avoisinantes viennent à l'hôpital Fabella en raison de la modicité de ses soins médicaux.

« C'est pourquoi nous demandons à la ministre de la Santé publique de faire une déclaration officielle sur le statut de l'hôpital. Nous voulons savoir où nous allons ! », poursuit Obeth Montes.

Ensuite, Gabriela demande à la ministre de prévoir un supplément de budget pour rénover l'hôpital et pour accorder un salaire décent au personnel.

Pas de déclaration officielle

Les plans de privatisation de l'hôpital Fabella remontent au précédent gouvernement. À l'époque, le président Aquino avait prétendu que se lancer dans des « partenariats entre public et privé » était la seule alternative pour répondre aux besoins de la santé et à la croissance démographique aux Philippines. En 2014, le gouvernement décidait que la totalité des 72 hôpitaux publics des Philippines entraient en ligne de compte pour la privatisation. On ne sait pas encore clairement si le nouveau gouvernement entend poursuivre cette politique. Aussi, la ministre Ubial a refusé de faire une déclaration officielle et attend l'avis de l'actuel président Duterte avant de le faire.

Néanmoins, Ubial a tout de même promis de ne pas ignorer les revendications de Gabriela et des autres mouvements sociaux.

Inspirée par Cuba

Durant l'entretien avec Obeth, la ministre Ubial elle-même a cité en guise d'exemple le système de soins de santé de Cuba. Il y a quelques semaines, le président Duterte avait envoyé la ministre à Cuba afin d'y étudier le système de santé. Elle a encensé le pays pour l'efficience de ses soins de première ligne (médecins généralistes, soins à domicile, centres de santé) et pour la très grande attention consacrée à la prévention. Ubial établit une comparaison entre Cuba et les Philippines : Cuba consacre 28 % de son budget annuel à la santé ; les Philippines, de 4 à 5 % seulement. Par habitant, Cuba dépense 460 USD à la santé, contre un maigre 76 USD aux Philippines. « J'ai sursauté quand j'ai appris qu'un médecin à Cuba ne traitait qu'entre 10 et 15 patients par jour. Quand je travaillais encore à l'hôpital de Cotabato (Mindanao), j'en voyais passer entre 100 et 150 par jour ! »

G3W travaille aussi bien à Cuba qu'aux Philippines et a réalisé ce film afin de comparer la santé dans les deux pays. Notre conclusion : « Cuba prouve qu'il est possible, avec peu de moyens, d'obtenir des résultats étonnants. Le droit à la santé est donc une question de choix politique. Si on place les besoins de la population au-dessus du profit de quelques personnes, on peut rendre accessibles à tous des soins de santé de qualité. »

Obeth, de Gabriela, espère que la ministre a tiré les leçons qui s'imposaient de son voyage d'étude : « L'excellent système de santé cubain devrait aider la ministre à comprendre que la privatisation et la commercialisation des hôpitaux publics ne seront profitables qu'aux entreprises privées et que la majorité de la population n'aura plus accès à des soins de santé de qualité. »

Gabriela et nos autres partenaires philippins ne sont pas du tout satisfaits de la vague promesse de la ministre. Ils continueront à lutter contre la privatisation et pour le droit à la santé du peuple philippin.

>>> Vous pouvez toujours soutenir financièrement cette campagne de nos partenaires philippins en versant un don à M3M sur le n° de compte BE15 0010 4517 8030 – BIC : GEBABEBB, avec mention « don Fabella WS ». Vous pouvez aussi faire un don en ligne via ce lien. Les dons de 40 euros et plus par an donnent droit à une attestation fiscale.

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