14/11/13

Philippines : Une semaine après le désastre

Une semaine après le passage du typhon Haiyan, nos partenaires nous racontent la situation sur le terrain.
Soyez des nôtres dans cet effort.

En direct de Tacloban

Randy, membre du Council for Health and Development (CHD), nous a relayé le témoignage d'un citoyen de Tacloban. Dans les médias occidentaux, on fait beaucoup état des pillages et des violences que connait la ville. Cet habitant donne son avis  : "Tacloban était préparée à l'arrivée du typhon, mais les centres d'évacuation eux-mêmes ont été détruits. Il ne faut pas juger les pillards, moi-même j'ai pillé des médicaments, du lait et de la nourriture pour les enfants. J'ai marché 4 heures pour trouver de quoi boire et le ramener aux autres. Ce qu'ils n'ont pas montré à la télévision, c'est que les gens se sont aidés les uns les autres au cœur de la catastrophe. Ce qu'on vous montre peut ressembler au chaos, mais il y a des patrouilles de police. J'ai moi-même été dans un commissariat pour en savoir plus sur les rumeurs d'hostilité. Ils ont dit que ce n'était pas vrai, qu'ils n'avaient rien entendu de tel. Pour une fois, je ne pense pas qu'ils ne font pas leur travail, bien que leurs ressources humaines soient si peu nombreuses. Car beaucoup d'entre eux sont morts. Ne pensez pas que tous ceux qui ont faim sont violents. Les gens veulent surtout pouvoir parler, raconter leur histoire, que quelqu'un leur demande comment ils vont et écoute ce qu'ils ont à dire. Cela les aide. Je ne suis pas un expert, il y a aura certainement quelqu'un qui aura des tonnes de choses à dire en sa qualité de spécialiste. C'est seulement ce que j'ai vécu. Je ne suis ni une victime, ni un survivant, mais durant les 5 derniers jours, j'étais un citoyen de Tacloban."

Secours locaux et revendication politique

Obeth, la coordinatrice de l'organisation de femmes Gabriela, nous explique comment elle mène campagne et récolte des fonds pour les premiers secours et les efforts de réhabilitation. Les dons (en cash ou en nature) sont directement envoyés dans les zones sinistrées via leurs groupes locaux. Ces groupes locaux rassemblent données et informations sur les dégâts et les besoins de la population et les envoient au bureau national de Gabriela. Ce sont également ces groupes locaux qui s'occupent de la distribution immédiate des secours. Ainsi, quand le mardi 12 novembre, Gabriela a reçu une importe donation d'argent, ils l'ont directement envoyée à leur groupe local de Roxas City, ville qu'aucun secours gouvernemental n'avait encore atteint. Maintenant ils y dirigent un programme d'alimentation distribuant de la nourriture aux communautés touchées.

Dans la même province, Gabriela planifie également des missions de secours afin de distribuer ce qu'ils ont récolté, effectuer des check-up médicaux, des suivis psychosociaux et offrir une thérapie particulière aux femmes et aux enfants. A côté des secours, le staff de Gabriela est également préoccupé par la réhabilitation: comment la population va se relever de ce désastre? Des réunions de planning et de consultation prévoyant la reconstruction sont donc également prévues.

Toutefois, cela ne suffira pas si le gouvernement ne prend pas sa responsabilité vis-à-vis des besoins de la population. Pour cette raison Gabriela mène également campagne aux niveaux local et national sur la responsabilité de l'État dans les zones touchées par le typhon. Le 13 novembre, l'organisation a mis sur pied une journée de solidarité avec les victimes du typhon avec comme objectif de dénoncer l'inaction du gouvernement et de récolter des fonds pour les victimes.

De l'aide d'urgence à la réhabilitation
Embeng, la coordinatrice d'Advocates for Community Health, nous confie sa colère face à ce désastre, "Ce sont toujours les plus pauvres qui pâtissent de ces catastrophes. Ils n'ont aucun moyen de s'acheter de la nourriture et de recouvrir leurs pertes (leurs maisons et leurs récoltes)". Les paysans auront besoin d'au moins 6 mois pour profiter à nouveau de leurs récoltes. Les provinces les plus touchées où Advocates for Community Health est actif sont Sorsongo, Palawan, Mindoro Oriental et Surigao. Leurs antennes locales travaillent avec les organisations populaires dans ces zones et ont besoin d'opérations d'urgence et de services médicaux. Les données qu'Advocates for Community Health a reçues de ses antennes dans ces provinces parlent de plus de 3.000 familles affectées et de centaines de maisons endommagées. La majorité de leurs maisons sont faites de matériaux légers qui ont été rapidement détruits par les vents forts amenés par le typhon Haiyan.

Selon Embeng, la plupart des opérations de secours réalisées par le gouvernement et les groupes privés se focalisent sur Tacloban à cause de l'attrait médiatique. C'est pourquoi Advocates for Community Health rassemble des fonds pour venir en aide aux victimes de ces zones où personne ne se rend. Des missions de secours et des missions d'urgence sont organisées, mais le staff d'Advocates for Community Health voudrait disposer d'assez de fonds pour soutenir les communautés jusqu'à la phase de réhabilitation. Cette phase consistera en la reconstruction de leurs maisons et leur fournira des semences pour la nouvelle saison des récoltes. A Fanny, responsable M3M pour les Philippines, Embeng demande "Soyez des nôtres dans cet effort".

Vous pouvez les soutenir en faisant un don au fonds d’urgence de Médecine pour le Tiers Monde au n° de compte BE15 0010 4517 8030  (BIC: GEBABEBB) avec la mention « don fonds d’urgence ». Vous pouvez aussi faire un don en ligne.

Plus sur ce sujet

08/04
Lars, bénévole pour M3M aux Philippines, est allé à une réunion pour évaluer les Missions SOS (Samahan Operasyong Sagip).
04/03
Le 8 novembre 2013, l'enfer se déchaînait sur les îles du centre des Philippines.
17/02
Voici un témoignage d'Andrew qui travaille pour M3M aux Philippines. Quatre mois se sont passés depuis le passage du super typhon Haiyan aux Philippines.
5877 views