08/04/14

SOS: Pour une fois des nouvelles positives. La reconstruction après Haiyan.

Lars, bénévole pour M3M aux Philippines, est allé à une réunion pour évaluer les Missions SOS (Samahan Operasyong Sagip). Ces missions ont été organisées par des organisations locales et fourni une assistance médicale à la population touchée, alors que le gouvernement Aquino a été un échec.
Le gouvernement Aquino devrait être poursuivi pour négligence criminelle!

Le ton de la conférence était clair : le gouvernement Aquino ne fait pas ce qu'il est censé faire. La conférence a débuté avec l'ouverture d'une exposition de photos prises au cours des 6 missions SOS qui ont été mis en place par un réseau d'organisations : entre autres CHD, partenaire de M3M, et Bayan (organisation de masse où je ferai du bénévolat dans les prochains mois) ont participé. Ces missions ont fonctionné sur une base volontaire : de nombreux médecins, infirmières et les soignants psychosociaux ont pris du temps hors de leur travail ou d’études, et sont allés en convoi en tournée avec des dispositifs médicaux, des vivres et des matériaux de reconstruction en Samar et Leyte, à la recherche des régions les plus touchées.

Parce que même si nous avons pu voir comment les équipes internationales ont pris part aux secours d’urgence, les premières semaines après la catastrophe, elles se sont souvent limitées aux zones les plus faciles à atteindre. Et ce qui est pire : aucune de ces aides a dépassé le niveau de première urgence. Après les premiers colis alimentaires la population est (littéralement) assis sur sa faim et a du attendre que le gouvernement philippin, dirigé par Bengino Aquino, est entré en action. Et elle n’a pas arête d’attendre.

Pendant ce temps, SOS avait identifié grâce à ses réseaux locaux les zones qui avaient le plus besoin d’aide, et déjà deux semaines plus tard un convoi complet est parti vers Samar. 5 missions ont suivi, qui ont touchés à la fois le Samar oriental et occidental ainsi que Leyte. Une goutte dans la mer, à première vue, mais au total 84 barangay (villages) ont été secourus, et donc plus de 61.000 personnes ont été fournies avec des paquets d'aide (riz, poisson et légumes secs et eau potable) et quelque 8.000 personnes ont reçu des soins médicaux plus que  nécessaires. Pour certaines de ces personnes, qui vivent dans des zones reculées, c'était la première fois qu'ils pouvaient consulter un médecin. En outre, 1 250 personnes ont reçu un soutien psychosocial (réparties sur 24 sessions de groupes), organisées par les étudiants des sciences du comportement de l’Université des Philippines, qui ont réservé du temps pour ça dans le cadre de leur formation.

Rôle du gouvernement

Mais vous vous demandez peut-être: où est l'aide officielle? Et bien, le gouvernement omet ce qu’il est censé faire. Une combinaison de refus, d'ignorance et de corruption ont fait en sorte que l'argent qui arrive via  les grands programmes de secours d’urgence n'atteint pas la population. Il ya l'histoire des colis alimentaires, qui ne sont jamais arrives chez la population. Les autorités gouvernementales responsables ont réussi à dépasser les dates de péremption, et ils n'ont rien trouvé de mieux que de jeter et d'enterrer cette nourriture. Cela est tragique, parce que les gens ont toujours faim parce que leurs cultures ont été détruites. Mais il y a aussi la mauvaise volonté: on choisit de passer pour la reconstruction par les grandes entreprises, cependant ceux-ci choisissent de restaurer d’abord l'infrastructure pour leurs propres industries et de ne pas dépenser l'argent pour ​​la reconstruction des maisons pour les gens. Au contraire, la population est souvent écarté de sa région d’origine (sous le couvert de « trop dangereux pour les maisons, il suffit de regarder ce que le typhon a fait! " ) Mais on voit en même temps que des hôtels et centres de vacances sont reconstruits dans les mêmes lieux. Un autre exemple flagrant de corruption: on reprend comme reconstruction apparemment aussi que les mêmes entreprises peuvent également développer des activités minières dans les zones touchées. Visayas orientales (Samar et Leyte) est riche en ressources minérales, et cela peut maintenant rapporter gros. La chance que les habitants  en profitent est quasi nulle.

Leurs revendications sont complètement négligées. La population s’est organisé pour demander au gouvernement 40.000 pesos (650 euro) par famille, via une grande assemble populaire appelée 'People's Surge'. Pas bête, mais le gouvernement prétend ne pas avoir des fonds. On se dit: c’est un pays pauvre, ça arrive. Il y a une semaine on a annoncé l’achat pour d’avions pour une somme de 23 milliard de pesos. Il m’a fallu vérifier parce que je ne le croyais pas quand je l'ai entendu, mais c'est tout simplement vrai.

Les autres demandes de la population ? Très simples. Vu qu’avant la population touchée vivait principalement de l'agriculture et de la pêche, ils veulent aussi rapidement que possible recommencer à exercer ça. Cependant, il faut beaucoup de temps pour revenir à des cultures mûres (Il faut 3 ans pour qu’un arbre de noix de coco porter des fruits par exemple), mais il leur manque aussi le matériel: beaucoup a été détruit, les stocks de semences sont touchés et leurs bêtes de somme ont été tués ou abattus à cause de la famine. Les abris sont de qualité atroce et doivent être remplacés de toute urgence par les résidences définitifs et les gens veulent en particulier que le gouvernement tire les leçons des catastrophes précédentes. Ce n'est pas la première catastrophe qui affecte les Philippines: depuis 1990 plusieurs catastrophes naturelles ont touches  le pays (éruptions volcaniques, inondations, typhons, glissements de terrain), et chaque fois que le gouvernement semble complètement incompétent dans sa réaction là-dessus

Les gens protestent

Une délégation de People's Surge, dirigée par une religieuse (sœur Edita, de l'ordre bénédictin) est allé à Manille pour expliquer ces revendications au président. Ils n'ont jamais été reçus. Après des heures d'attente, ils ont été encerclés par des soldats et escorté de force au poste de garde, où les soldats se moquaient d'eux et ont dit qu'ils auraient mieux fait de rester à la maison. Selon eux, ils auraient pu se rendre plus utiles à aider à la reconstruction là-bas plutôt que de protester en vain ici. Dans ses propres mots : "This government should be sued for criminal neglect. It knows what it is doing wrong and it doesn't do anything about it.".

Le 8 Avril, il y aura une manifestation organisée à ce sujet: J'espère que je peux être là !

Et puis le gouvernement philippin a d’autres ratés. Il est significatif que le premier jour des ministres sont venus poser pour les photographes lors de la première aide après la catastrophe, mais sont alors immédiatement retournés aux hélicoptères privés pour quitté la zone, sans plus s’en préoccuper. On ne prend pas en compte la situation économique de la population, malgré les besoins agricoles qui n'ont pas été inclus dans le plan de reconstruction, qui se concentre principalement sur ​​les sociétés d'investissement privées. Ajoutons à cela les nombreuses violations des droits de l'homme, qui ont continues; on a profité de la situation pour renforcer l'armée dans les zones touchées, sous prétexte de maintenir la paix. Qu’ainsi des manifestations légitimes ont été entravées et que ces ressources pourraient être mieux dépensés sur la reconstruction est bien sûr accepté comme une réalité malheureuse par le gouvernement.

Les missions SOS contraste fortement avec ceci: avec des ressources minimales des centaines de bénévoles se sont impliqués pendant des journées dans des situations éprouvantes. Parfois, ils ont donné leur propres réserves alimentaires, ils ont été confrontés à la mort et aux dommages psychologiques et physiques causes par le typhon, ils ont dû faire face à des routes ravagées et ont dû porter des charges lourdes sur le dos. Mais parce que la mission a été pris en charge par des organisations locales on a pu rapidement identifier où l'aide était le plus nécessaire. L’engagement de nombreux professionnels de la santé, y compris de nombreux étudiants, ne doit pas être sous-estimé, et contribue à la solidarité interne du pays.

A la fin de la conférence, de nombreuses organisations ont été remerciés pour leur soutien à la reconstruction. Et oui , M3M (Third World Health Aid)  a été remercié aussi! Hans, coordinateur du bureau dans les Philippines, a reçu un certificat pour l'aide que M3M a offert, en particulier à travers la collecte de fonds qui a été grandement appréciée. Il a été souligné que chaque euro peut encore être utile, vu que la dernière mission SOS reste à accomplir. Entre le 21 et le 25 Avril un autre convoi de travailleurs de la santé arrivera dans les zones touchées et y aidera la population locale. Parce que s'ils ne le font pas , personne ne le fera , malheureusement ...

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