05/11/14

Un an après le typhon Haiyan aux Philippines: les victimes restent sur leur faim

Des dizaines de milliers de Philippins vivent encore dans des conditions effroyables un an après le passage du typhon Haiyan. Alors que le gouvernement a choisi de se concentrer principalement sur la reconstruction des grandes entreprises, la population est laissée sur le carreau. Médecine pour le Tiers-Monde veut aussi faire entendre la voix des victimes locales lors de la commémoration du premier anniversaire du passage du cyclone Haiyan.

Le 8 novembre, cela fera exactement un an que les Philippines ont été frappées par le typhon Haiyan. La tempête tropicale a traversé l'archipel d'est en ouest avec des conséquences désastreuses. Au moins 6221 personnes ont perdu la vie, 1785 sont encore portées disparues et 1,1 million de maisons ont été détruites.

Les provinces de Samar & Leyte, déja parmi les plus pauvres régions du pays avant le typhon ont été les plus endommagées. L'infrastructure a été complètement détruite. Les agriculteurs ont dû essayer de survivre malgré les mauvaises récoltes. Les plants de riz ont été emportés par les fortes pluies, les arbres fruitiers ont été fortement touchés par la tempête et les champs ont dû être replantés. Les pêcheurs ont également souffert: de nombreux bateaux de pêche ont été perdus et les filets déployés ainsi que les pièges n'ont pas été retrouvés.

Près d'un an après le passage dévastateur de Haiyan, c'est plus clair que jamais: le gouvernement a gravement manqué à son devoir d'aider la population. Les victimes attendent encore la somme d'argent promise par le gouvernement pour chaque famille touchée ainsi que les outils agricoles, les semences, les bateaux et les équipements de pêche dont les agriculteurs et pêcheurs pauvres ont besoin pour être en mesure de subvenir à leurs besoins. La reconstruction de logements permanents avance lentement. 100.000 personnes vivent encore dans des campements de tentes «temporaires», construits directement après la catastrophe par des ONG internationales. Le gouvernement philippin a reçu beaucoup d'aide internationale, mais les populations locales et les autorités locales, en particulier celles qui ne font pas partie du camp du président Aquino, disent qu'elles n'en ont presque pas vu la couleur.

Alors que la population est toujours en train d'attendre l'aide, les grandes entreprises peuvent, à travers le programme « Build Back Better » (un partenariat public-privé) choisir où et comment elles envisagent la reconstruction. Leurs choix se portent sur les régions économiquement intéressantes où les infrastructures ont prioritairement été restaurées, en fonction des besoins des entreprises.

Beaucoup d'endroits le long de la côte dévastée et le long des cours d'eau ont été considérés par le gouvernement comme «inaptes» à ce que la population y vive. Des milliers de personnes, principalement des pêcheurs, ont été déplacées vers de nouveaux logements où elles ne peuvent pas pêcher, où il n'y a pas de travail et presque pas d'infrastructures telles que de l'électricité, de l'eau courante ou des écoles. Dans ces mêmes zones côtières, les entreprises peuvent pourtant bien bâtir : l'infrastructure touristique et les petites industries ont déjà été construites.

La population affectée s'est rassemblée dans une organisation de base: le People's Surge. Avec certaines autorités locales et ONG internationales, ils ont travaillé cette année à une vraie reconstruction, parfois avec des moyens modestes. Parallèlement, ils veulent que le gouvernement philippin prenne ses responsabilités afin de réorienter la reconstruction en fonction des besoins en soins de santé, en agriculture et en éducation.


Nous vous accueillerons, samedi 8 novembre 2014 à partir de 17h30 pour discuter de cette situation. Quelques orateurs qui se trouvaient il y a peu sur les lieux vous donneront leur avis sur la question. >> cliquez ici pour plus d'informations

7014 views