Philippines

Les Philippines sont un pays riche. Or, argent, cuivre... s'y trouvent à portée de main. Et pourtant, plus de 70% des Philippins se considèrent comme pauvres. Les inégalités au niveau économique sont à la source d'énormes différences sur le plan de la santé.

Les inégalités sont un obstacle au droit à la santé des Philippins

Les inégalités sur le plan de la santé sont criantes. Les habitants des régions les plus pauvres ont une espérance de vie de 60 ans, soit 20 ans de moins que leurs compatriotes plus aisés. Dans les régions les plus pauvres du pays, 90 enfants sur 1000 ne survivent pas au-delà de 5 ans, alors que dans les régions plus riches, ce chiffre est de moins 10 sur 1000. Les mères des régions les plus pauvres ont un risque 10 fois plus élevé que leurs compatriotes aisées de mourir pendant leur grossesse ou peu après l'accouchement.
Ces différences ne sont pas dues au hasard. Les conditions dans lesquelles les mères accouchent, les enfants grandissent et les gens vivent, sont nettement plus mauvaises dans les régions pauvres.

 

Il y a une énorme différence dans l'accès aux soins de santé entre les Philippins pauvres et riches. Cela est dû, entre autres, au fait que les soins de santé ont été petit à petit privatisés. Le gouvernement philippin compte ainsi faire des économies dans les dépenses publiques. Mais l'attribution des soins de santé au secteur commercial rend plus difficile l'accès aux soins et augmente les inégalités.

Le secteur privé investit principalement dans des hôpitaux spécialisés dans les villes. La campagne, où vit la majorité de la population, est tout à fait négligée. En outre, les travailleurs de santé quittent le secteur public pour aller dans les hôpitaux privés, qui paient de plus hauts salaires, ou partent à l'étranger. La population pauvre dans les villes et à la campagne doit faire face à une pénurie de médecins et d'infirmiers. Ceux qui sont les plus fragiles ont donc le moins accès aux soins de santé.

 

De plus, la santé des Philippins est subordonnée aux intérêts de multinationales étrangères. Ainsi, l'exploitation minière à grande échelle bénificie financièrement à une série de grandes entreprises. Mais les coûts sociaux et écologiques sont à charge des plus pauvres : les paysans pauvres et les populations indigènes.

 

Après l'arrivée des entreprises minières, les plages de rêve se transforment en plages pleines de cratères inondés. Les rivières deviennent des égoûts industriels. Les lacs sont empoisonnés. Les forêts sont rasées et on ne trouve presque plus de poisson. Ces activités polluent également le sol. La population est donc forcée à partir vers l'intérieur du territoire ou dans les villes, où il n'y a pas de revenus et où ils se retrouvent rapidement dans une misère extrême. En outre, cette exploitation minière à grande échelle détruit également les barrières naturelles qui doivent protéger les îles contre les catastrophes naturelles.

 

Ceux qui luttent contre les destructions dues à l'industrie minière ou qui veulent défendre le droit à la santé sont souvent menacés de mort. Les programmes de santé mis sur pied par les organisations locales doivent faire face à des disparitions, des arrestations (illégales), des tortures, des assassinats, des intimidations, de fausses accusations, des incendies – la liste est longue.

Les conséquences de cette répression sur le mouvement social aux Philippines sont grandes. La population se sent intimidée et n'ose plus se battre pour ses droits. L'activisme aux Philippines est une activité très dangereuse.

 

Le gouvernement philippin est dirigé et influencé par une petite élite. En 2012, les 40 familles les plus riches possédaient 21% du Produit National Brut, soit 47,4 milliards de dollars. A l'opposé, 70% de la population vit dans la misère. Cette petite élite exerce une énorme influence sur le gouvernement philippin. Ses membres accaparent les fonctions les plus importantes, exercent un controle sur l'agriculture et sont connus pour leur corruption. 


 

Que fait Viva Salud aux Philippines ?

Viva Salud se concentre sur trois thèmes qui ont une forte influence sur la santé de la population philippine :

  • Les soins de santé publique – Les graves inégalités et la misère généralisée se reflètent visiblement dans l'état de santé de la population. Les conditions de vie sont nettement plus mauvaises dans les régions et les quartiers pauvres. De tous les pays asiatiques, c'est le gouvernement philippin qui consacre le moins de moyens à la santé. Le budget de la santé ne représente que 2,5 à 3% du PNB, soit beaucoup moins que le minimum généralement admis de 5%. Et en plus, la privatisation des soins de santé publique menace l'accès aux soins de santé des couches les plus pauvres de la population.
  • Les droits humains – Les Philippines sont connues pour être un des pays les plus dangereux pour les défenseurs des droits humains (journalistes, avocats, membres des syndicats et activistes écologiques). Les droits humains sont bafoués surtout dans les régions où les habitants doivent se battre pour survivre. Il s'agit souvent de violations touchant à l'accès ou le contrôle de la terre, tant dans le contexte urbain que rural. L'armée est censée défendre la population mais elle se range souvent du côté des grands investisseurs, au détriment de la population.
  • Changement climatique - L'index Global Climate Risk a indiqué en 2015 que les Philippines étaient le pays le plus touché par les catastrophes liées au climat, comme les inondations, les tempêtes et les vagues de chaleur. Deux exemples récents ont montré la fragilité des Philippines : les effets dévastateurs du typhon Haiyan en 2013 et les conséquences du phénomène El Nino en 2015 sur les réserves en eau et sur l'agriculture. La vulnérabilité du pays n'est pas due uniquement à des conditions géographiques, mais surtout à l'état de son économie et de ses infrastructures et à l'absence d'une politique de prévention. 

Nous collaborons avec des organisations partenaires locales, de façon à ce qu'elles puissent lutter pour le droit à la santé de tous les Philippins. Elles le font en sensibilisant, organisant et mobilisant la population. Ce n'est que de cette manière que les rapports de pouvoir peuvent être modifiés et qu'une amélioration durable peut intervenir dans la vie quotidienne de la population.

Aux Philippines, Viva Salud collabore étroitement avec les ONG belges Kiyo et Solidagro. Nous partageons des bureaux à Manille, à partir d'où les activités sont coordonnées par notre coordinateur local.

 


 

Comment Viva Salud renforce le mouvement social ?

Viva Salud aide les organisations partenaires locales notamment par la formation et l'échange, afin qu'elles puissent reprendre les tâches suivantes :

  • Sensibiliser la population philippine sur son droit à la santé : sur les plans aussi bien local que régional et national, nous travaillons avec des mouvements sociaux de façon à ce qu'ils puissent convaincre le grand public de l'importance du droit à la santé.
  • Avoir un rôle de sentinnelle et tenir à l'oeil la politique du gouvernement : pour avoir une influence sur les décisions des autorités, les partenaires doivent montrer qu'ils savent de quoi ils parlent. Ils font donc des recherches et publient des chiffres et des faits concernant les problèmes qu'ils veulent affronter. Si les médias et les politiciens réagissent à ces études, cela nous montre que leur expertise est reconnue et qu'ils sont écoutés.
  • Elaborer des “landmark cases” : il s'agit de situations concrètes où le droit à la santé est menacé, comme par exemple le cas d'un groupe de population indigène dont l'industrie minière menace le milieu de vie, ou encore d'un hôpital spécialisé que le gouvernement compte privatiser, etc. Autour de ces exemples concrets, les partenaires peuvent organiser et mobiliser la population et Viva Salud peut sensibiliser la population en Belgique à l'importance du combat pour le droit à la santé aux Philippines.
  • Soutenir des “best practices” organisées par les organisations populaires : nos partenaires veulent rappeler au gouvernement philippin qu'il a la responsabilité de garantir le droit à la santé. Une façon de le faire est de lui montrer que les choses peuvent se faire différemment. Armés des récits de travailleurs de la santé bénévoles et de la longue expérience de nos partenaires à apporter les soins de santé dans chaque recoin du pays, ils partent à la rencontre des autorités locales et nationales. Si l'on fait les bons choix politiques, beaucoup de choses sont possibles !
  • Empowerment : les groupes-cibles des organisations partenaires (communautés locales, populations indigènes, communautés urbaines pauvres, paysans, etc.) doivent être renforcés pour exiger leur droit à la santé. Ceci est la base pour les autres activités que nous souhaitons développer et ce n'est possible que si les mouvements sociaux sont suffisamment forts pour organiser et mobiliser la population. En outre, la situation socio-économique de la population doit également être améliorée afin qu'ils aient le temps et les moyens de s'engager dans un mouvement social.

 


 

Qui sont nos organisations partenaires ?

Aux Philippines, Viva Salud collabore avec 5 partenaires clés. Ces organisations mettent en commun leurs différentes expertises (droits humains, changement climatique, droits des femmes, soins de santé de base,...) et leurs capacités (recherche, travail auprès des médias, influence sur la politique, organisation de la communauté...).

Pour des campagnes spécifiques, nous travaillons également avec les trois organisations suivants :

  • Corderilla Labor Center (CLC) promeut, dans la région Corderilla dans le nord du pays, l'enseignement, la recherche et l'aide juridique aux mineurs et à d'autres ouvriers.
  • Center for Trade Union and Human Rights (CTUHR) est une organisation qui se bat pour les droits des travailleurs.
  • BAYAN (Bagong Alyansang Makabayan) est l'organisation-coupole d'organisations populaires telles que Gabriela (les femmes), KMU (les ouvriers), KMP (les paysans), Karapatan (les droits humains).


     

    Comment peut-on apporter de l'aide ?

    Grâce à votre soutien financier, nous pouvons aider nos partenaires philippins à réaliser leurs projets.

    Vous pouvez faire un don unique ou choisir un soutien structurel en faisant un don mensuel.

     

    Faites un don

     

    Pour beaucoup de Philippins, les soins de santé sont impayables en raison des nombreuses privatisations.

    Avec 25€, notre partenaire CHD peut organiser un débat de quartier sur les conséquences de ces privatisations (fermeture d'hôpitaux, tarifs médicaux plus élevés, …). Le débat est un premier pas pour réfléchir ensemble aux actions à entreprendre pour défendre leurs droits.

    Avec 40€, notre partenaire Karapatan peut envoyer un Quick Respons Team. Dès qu'un activiste disparaît ou est arrêté illégalement, ils entrent rapidement en action pour établir la vérité.

    Des dons de 40€ et plus par an donnent droit à une attestation fiscale.

    Vous pouvez aussi parrainer l'enfant d'un-e activiste philippin-e. Votre contribution mensuelle est attribuée aux frais scolaires d'un enfant philippin dont un des parents au moins est actif dans un syndicat, ou une organisation de défense des pauvres, des paysans, des droits humains ou des femmes. De cette façon, la charge financière des parents est considérablement allégée et ils peuvent se consacrer à leur activité au sein de leur organisation.

    Vous souhaitez prendre un engagement pour les Philippines et vous investir pour leur garantir le droit à la santé ? Dans ce cas, vous pouvez vous faire membre du mouvement social intal ou participer à la campagne Stop the Killings.

     


     

    Quelques chiffres:

    Population : 102,250,000 (2016)
    Superficie : 300,000 km²
    Espérance de vie : 71,6 (femmes) / 64,7 (hommes)
    Place sur l'index de développement (HDI): 116

     

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